‹ Les vieilleries lyonnaises de Nizier du Puitspelu [pseud.]Chapitre 22 sur 32 · LES MARTINETS · texte numérisé non relu

LES MARTINETS

N passe dans la vie à côté d'une foule de choses sans les voir. La plupart d'entre nous autres Lyonnais se sont-ils jamais demandé la raison du singulier phénomène que void.

Nous sommes assis entre deux rivières, dans une atmosphère saturée d'humidité; nous sommes ce qu'il y a de plus enveloppé de vapeur d'eau, assurément» dans cet agréable climat rhodanien y où la quantité moyenne de pluie est de 946 millimètres d'eau 9 tandis que dans le climat séquanien (les presqu'îles exceptées) elle n'est que de 546. A Lyon même, l'udomètre a constaté qu'il était tombé l'année dernière 1146 millimètres! Le populaire y pour n'avoir pas d'udomètre, n'en mesure pas moins exactement les choses, et prétend, selon un proverbe un peu grossier dans son énergie, qu'après Dunkerque, Lyon est le a pot de chambre de la France »,

Eh bien, comment expliquer que dans ces conditions si &yorables à l'édosion des inseaes, notamment des cousins, il n*y ait pas de ville où il y en ait si peu ?

Allez à telle « campagne » que ce soit des environs de Lyon, d'août à oaobre inclusivement, vous êtes sûr de revenir lardé de piqûres. J'ai vu parfois des jeunes femmes et des jeunes filles, dont la peau fine et veloutée excite particulièrement la firiandise des cousins, en avoir la Ëice toute bossuée et tuméfiée. La nuit, dans son lit, est-il rien de plus irritant que d'entendre ce Êdble zin zin qui flotte autour de vous, s'approche, s'approche, jusqu'à ce qu'enfin le pied léger de l'inseae se pose sur votre visage. Vous vous donnez un grand coup de poing sur le nez. Mais l'ennemi est déjà bien loin : le voilà qui revient, conmie pour se moquer de vous : zin zin zin. Cette fois, vous prenez un fort marteau, afin d'être bien sûr de l'écraser, et vous en assénez un coup de toutes vos forces. Seulement mon maître d'apprentissage disait qu'il Êtut bien prendre garde à ne pas manquer la bestiole, car, ajoutait-il, <c si vous tapiez à côté, le cousin ne Élisant plus tampon pour amortir le coup, vous courriez risque de vous fêler la cache-maille ». H est vrai que vous auriez au moins cet avantage de ne plus entendre zin zin zin.

Nos environs ne sont point les seuls endroits à jouir de ce privilège. Descendez voire un peu « du côté d'en bass' » ; allezvous-en jusqu'en Camargue. C'est bien autre aflaire ! Les cousins y sont gros comme des sauterelles. C'est une plaie d'Egypte. Fuirez-vous plus loin? à Nice, par exemple. « Si j'avais couché seulement une nuit sans mon a mousquetahre », m'y disait une dame, le lendemain on n'aurait plus retrouvé

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