‹ Les vieilleries lyonnaises de Nizier du Puitspelu [pseud.]Chapitre 29 sur 32 · LOUCHE, LE VERBE OUCHER · texte numérisé non relu

LOUCHE, LE VERBE OUCHER

un anneau mobile portant un poids, on le fait glisser, dis-je, de cran en cran le long du grand bras du levier jusqu'au point où Téquilibre s'établit, et on lit le poids sur une échelle gravée sur ledit bras. Le crochet a deux côtés : le grand et le petit, c'est-à-dire que, en retournant le fléau, on peut peser des objets plus lourds ou moins lourds, suivant le besoin. On conçoit combien ce système est moins commode que la balance, puisqu'il &ut tenir soi-même en suspension l'appareil, l'objet à peser et le poids pesant. Puis, pour la viande et le pain, ça va encore, on peut piquer dedans. Pour du café, de la semoule, etc., il Élut attacher le paquet. — Bref, c'est des préparatife à n'en plus finir. On ne se doute pas de tout le bien-être de la vie moderne, de toutes les fecilités qu'elle donne, et combien rien que la substitution de la balaie au crochet a d'avantages pour la ménagère.

Je causais un jour avec une directrice de cours, d'ailleurs habile et savante, qui se scandalisait très fo^t des locutions lyonnaises qu'on pouvait prononcer devant elle. Elle s'imagi* nait naïvement que c'était du « mauvais firançais », c'est-à-dire du firançais dénaturé ou estropié par l'ignorance populaire, quelque chose comme le colidar des Parisiens au lieu de corri^ doTy ou leur ornwire au lieu A' armoire. Dire que les nouanteneuf centièmes des Lyonnais les mieux instruits en sont là ! Ces mots, dont ils font fi, ne sont pourtant la plupart que de vieux mots réguliers, ayant leur raison d'être au même titre que ceux qui se sont conservés en fi-ançais, et à bien meilleur titre que leurs cadets plus récemment créés. Car l'antiquité.

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c'est la noblesse des mots, comme c'est la noblesse des Ëunilles. n n'y a de différence entre Bousinet et un La Trémouille que parce que ce dernier existait huit cents ans avant l'autre. Et si les Bousinet eussent existé au xi^ siècle, ce serait un Bousinet qui ponerait d'or à un chevron de gueules, accompagné de trob aiglettes d'azur becquées de gueules, et La Trémouille qui serait un vilain.

Ouche n'est autre que le vieux français hocbty oche^ oscbty cran, entaille, de « hoscher vel ocher^ crenis seu indsuris notare ». Avant que le saukitr mouille les ecuelles, il les doit hoscher, dit un texte de 1363. Disoient aucuns que Ten avoit avalé les lampes à un baston ou il y avoit uns esche ou cran, dit un autre texte de 1406'.

Les savants se sont cassé la tête avec peu de succès pour trouver Tétymologie de oche, parce que l'on ne tenait pas compte de Vs dans la forme osche. Or cette s n'a point été insérée, comme il appert du languedocien osque, qui signifie ouche, et du béarnais osque, coche de Touche. H Êiut donc mettre au panier toutes les racines où ne figure pas une s.

Cela du reste n'avance de guère. On ne sait d'où vient oscbe. Vous avez, il est vrai, la ressource du basque oske, même sens, mais rien ne prouve que le mot n'ait pas été emprunté au roman, comme cela parait certain pour le bas breton ask, qui a la même signification. Un célèbre savant allemand a proposé aïhsecare, mais l'étymologie ne se prête pas bien à la forme, car

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