‹ Les vieilles actrices. Le musée des antiquesChapitre 16 sur 23 · MADAME LOUISE COLLET I · texte numérisé non relu

MADAME LOUISE COLLET I

comme Déesse de la Liberté des bons temps. Hélas I ils n'y sont plus ces magnifiques tire-bouchons blonds qui se tordaient jusque sur son corsage et lui donnaient Pair d'une bacchante. La Bacchante est devenue grand'mère. Son thyrse n'est plus qu'une béquille. Mais prenez garde!

Elle peut vous la jeter à la tête 1 C'est toujours, malgré l'âge, la Collet terrible, la Collet qui prend au collet; qui donne dans le dos un coup de couteau à Alphonse Karr, notre précurseur des Guêpes ; et qui crache au nez (toujours l'écaillère et ses huîtres !) du capitaine d'Arpentigny, la plus élégante et fière cravache des Gardes du Corps, qui ne s'en servit pas contre elle, car, — voilà les plaisanteries de la destinée! — les fureurs de cette furie de vanité n'ont jamais eu d'autre résultat que d'exciter dans ceux sur qui elles tombèrent le rire fou de la gaieté !

Côté comique de cette Tragédienne !

Cocasserie profonde de cette Lyrique !

Elle fut Théroigne... moins la fouetterie superbe, en plein vent, qui lui fut toujours épargnée. Elle n'a passé (et elle méritait davantage) que par les légères moqueries des gens de goût qui n'aiment pas la mauvaise compagnie. Et pourtant, prestige de la robe, quelle qu'elle soit, de la robe la mieux troussée ou la plus retroussée, dans ce polisson de pays de France, j'ai vu des gens de goût aller chez elle. Alfred de Vigny, ce cygne, y pataugeait comme s'il eût été un canard.

Je ne parle point de M. Villemain, TÉsope sans les fables, la Victime du parapluie de Sainte-Beuve, ni de Cousin, le testamentaire, qui la croyait une duchesse de Longueville... Ces pédants

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