LA VOUTE D'ARÊTES
Coupole isolée sous le clocher placé à l'Ouest : Grézillac, Parsac; placé sur le bras Nord du transept: Gars, Montagne; placé à l'angle Nord-Ouest de l'église: Saint-Ciers-de-Canesse.
Coupole à pendentifs plans, sous un clocher isolé : Saint-Émilion.
La question se pose, et nous l'avons examinée plus haut, de savoir si Vertheuil, Guîtres, Saint Denis de-Piles et Saint-Macaire ont eu une ou plusieurs coupoles. L'ancienne nef de Rimons garde certaines dispositions qui paraissent devoir s'expliquer par l'intention de construire une voûte de ce genre1.
La VOUTE A PÉNÉTRATIONS ET LA VOUTE
d'ahètes. — Le Bordelais n'a pas fait de voûtes à pénétrations avant le xvnc siècle, le xvr au plus tôt. Quand on a écarté Rauzan, où les pénétrations du berceau résultent de l'addition du bas côté, il ne reste comme voûtes à pénétrations du Moyen-Age que la voûte de la crypte de Saint-Ciers-d'Abzac et les voûtes latérales dans la crypte de Baron. Encore ces dernières sont-elles si grossièrement traitées qu'on ne peut guère les rattacher à une catégorie classique. Le xvne et le xvm" siècles, qui ont joué avec les pires difficultés d'appareil et de maçonnerie, nous ont laissé de belles voûtes à pénétrations, notamment sur la nef de Notre-Dame de Bordeaux et dans quelques jolies tribunes de la même époque.
Quant aux voûtes d'arêtes, exception faite pour la nef centrale et moitié des bas-côtés de la crypte de Baron et pour les bas -côtés de La Sauve et de Vertheuil, toutes les voûtes de ce genre qui existent dans les églises de nos pays sont postérieures au Moyen-Age. A Saint-Hippolyte, on a greffé une voûte d'arêtes sur des formerets de la période gothique avancée. L'église de Saint-Michel-de-Rieufret (fig. 210) est en entier couverte de voûtes d'arêtes, auxquelles on travaillait en 1 716 : on inhuma, cette même année, un tailleur de pierre qui était employé à la construction desdites voûtes2. La voûte d'arêtes tournée sur la nef Des Salles est du xviii0 siècle3; les remarquables voûtes d'arêtes des bas -côtés de Notre-Dame, à Bordeaux, sont de la fin du xvn°.
Les voûtes d'arêtes de Baron (fig. 18/1) sont dépourvues de doubleaux, très irrégulièrement
1. V. p. i8i, n. 1. — 2. E suppl. i6o/i. — 3. Guinodie, Histoire de Libourne, 2' éd., t. III, p. 102. Les procès-verbaux de visites nous apprennent que cette partie de l'église n'était pas voûtée en 1687, 1691 et 1732 (G 6/io et 6'i8).
Brutails delin.
Flfi. 208. — AIÎZ.VC.
LA CONSTRUCTION : LES ARCS ET LES VOUTES
tracées et très piètrement exécutées; les arcs longitudinaux sont surbaissés : celui du compartiment Nord-Est mesure de corde i'"42 et de ilèche o1" 5 1 . Les voûtes de La Sauve et de Vertheuil sont, à l'inverse des précédentes, divisées en compartiments que séparent des doubleaux; elles sont, d'ailleurs, très dissemblables : moins bombées et mieux appareillées à La Sauve, d'un galbe et d'un appareil se rapprochant davantage des coupoles à Vertheuil, où les voûtes sont de blocage.
On avait commencé, sur une travée de la nef de Saint-Philippe-d'Aiguille, une voûte d'arêtes qui fut, après quelques assises, continuée en une coupole sur pendentifs (fig. 202).
La croisée d'ogives. — Il est impossible de préciser la date à laquelle la croisée d'ogives fit son apparition dans nos contrées. Ce fut vraisemblablement vers le milieu du xn° siècle. Toujours est-il que l'adoption de ce type de voûte n'entraîna pas l'abandon immédiat des formules romanes. Il n'y a pas en Gironde, moins encore
qu'en bien d'autres pays peut-être, une limite chronologique par laquelle les productions de l'architecture soient nettement partagées : romanes avant, gothiques
après. Les plus anciennes croisées d'ogives subsistantes ont été faites dans des édifices qui sont, d'ailleurs, de pur style roman, tel le clocher de Sainte-Croix de Bordeaux: elles reposent sur des supports tout à fait romans et dont la membrure est combinée pour recevoir des voûtes romanes : à Doulezon (fig. 62), Saint-Michel-de-La-Rivière (fig. i44), dans le transept de Saint Macaire, etc. Montagne possède deux i]| , êH™™^™ coupoles, l'une sur ogives, l'autre sur pendentifs : c'est la
coupole sur ogives qui est la plus ancienne.
Les premières ogives occupent dans les églises des places très variables : d'une façon générale, on les a employées plutôt, comme les coupoles, à couvrir le carré du transept ou le faux " transept et à voûter le rez-de-chaussée des clochers. Ces deux
dernières fonctions se confondent parfois, puisqu'un certain nombre de clochers sont sur la croisée ou sur le faux transept. Les raisons d'être de la croisée d'ogives. — Autant qu'on en puisse juger, les croisées d'ogives répondaient, dans l'esprit des maîtres d'oeuvre qui en firent d'abord usage, à plusieurs préoccupations : en premier lieu, elles servirent de couvre-joints; en second lieu, elles assuraient le clocher contre les trépidations résultant des sonneries; en troisième lieu, elles donnaient par la multiplicité des lignes quelque richesse à une partie noble de l'édifice; en quatrième lieu enfin, elles portaient la voûte.
lîruUMs deli».
FlG. 20IJ. — SUNT-CIEKS-JJE-CYNESSE.
Fig. 2oij '«'*. —
Brulails pliologr.