‹ Les vieilles églises de la GirondeChapitre 101 sur 185 · SAINT-MICHE L-DE-RIEUFRET · texte numérisé non relu

SAINT-MICHE L-DE-RIEUFRET

Que les plus anciennes ogives aient quelquefois servi de couvre-joints, cela ne parait pas douteux. Parmi les difficultés qui se sont imposées à l'attention des premiers architectes gothiques, l'une des plus ardues consistait à raccorder les différents plans des voûtes d'arêtes. Dans une cave de Saint-Macaire, qui est d'ailleurs de l'époque gothique, les voûtes d'arêtes sont formées de deux berceaux indépendants l'un de l'autre sur partie de leur hauteur; à l'exception des assises basses, un joint court sur les arêtes r. Le procédé le plus simple pour dissimuler les imperfections des raccords est de les recouvrir par une nervure; c'est ainsi que dans l'une des tours du château des Quatre fds Aymon, à Cubzac, on a placé des ogives sous une voûte en arc-decloître, où elles ne peuvent guère avoir d'autre raison d'être.

En Bordelais comme en d'autres régions, à Montagne et à Sainte-Croix de Bordeaux de même qu'à Bayeux, Saint-Gaudens ou Oviédo, des nervures sont entre-croisées dans

les clochers. Et même à une époque avancée dans la période gothique, on fit à Villeneuve près Blaye, au rez-de-chaussée du clocher, des ogives dont le profil épais accuse un rôle particulier ;

il est manifeste que les constructeurs ont voulu consolider ainsi le clocher contre les ébranlements causés par les volées des cloches.

On peut croire également que les architectes ont été de très bonne heure sollicités parcette tendance qui les porte à multiplier les lignes dans la voûte du carré du transept ou dans la voûte de la travée qui remplace le carré. Ils ont mis là des ogives quand il n'y en avait pas dans la nef, comme plus tard ils y mirent des liernes et des tiercerons alors que les autres voûtes reposaient sur de simples croisées d'ogives.

Enfin, les ogives furent considérées comme une membrure destinée à soutenir les quartiers de voûte et à en reporter les pesées sur les quatre appuis montés aux angles de l'aire à couvrir.

Le plan des voûtes gothiques. — Le plan des voûtes sur croisées d'ogives est loin d'être constant. On sait que nul autre système de voùtement ne s'adapte avec autant de souplesse aux plans les plus divers : franchement barlong sur le faux transept de Doulezon (fig. 5a), il se

Fiu

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