SAINT-MARTI3Î-DE-L/V-CA1 SSAHK
ont donné lieu, dans l'église de Rauzan, à des combinaisons de lignes assez imprévues.
La hauteur et la saillie des contreforts. — La hauteur des contreforts dépend quelquefois de circonstances accidentelles: dans l'abside de Landiras, on a enlevé le contrefort de l'axe à partir d'un certain niveau; on a maçonné quelques assises des contreforts à l'abside de Saint- Léger-de-Vignague, après quoi on les a arrêtés. Dans tous les vieux clochers ou dans presque tous, les étages supérieurs sont dépourvus de contreforts ou ils n'en ont que de peu d'importance. Contre les murs des absides et des nefs, les contre- 1 forts les plus archaïques atteignent le sommet; d'autres se terminent sensiblement plus bas.
Les contreforts romans sont plats : Drouyn en a fait depuis longtemps déjà la remarque1 ; ce sont plutôt des chaînages. Il arrive même que les chaînages de ce genre restent dans le plan du parement: à Puybarban, à Vertheuil, à
Brouqueyran, sur le flanc Sud de Monprimblanc, à Preignac. Ces chaînages sans saillie sont, si je ne me trompe, récents : cela est certain pour l'église de Preignac, qui est une œuvre du xviii" siècle, pour Monprimblanc, où la partie dont il s'agit est de 1785, pour Brouqueyran, où les bords des pierres de ces chaînages ont été repris au ciseau.
La règle est que les contreforts romans ont un relief de i5 à 3o centimètres. Il est, d'ailleurs, possible que le relief soit beaucoup plus accusé; nous savons qu'il en est notamment ainsi en avant des clochers -arcades.
Le souci de contre buter les voûtes a pu également amener les constructeurs à faire des contreforts vigoureux : il existe à Peujard des contreforts doubles, des contreforts à ressaut; chaque ressaut a o'" 70 de saillie et la longueur totale du contrefort atteint in'7o environ. Les contreforts de Bayon (fîg. 26) sont du même genre. Un contrefort roman a été repris à Saint-Martin- Du-Puy et transformé en contrefort plus saillant; un allongement analogue a porté à près de h mètres le relief de deux contreforts montés sur le flanc Nord de Saint-Ferme (fig. i35).
1. Variétés girondines, t. II, p. 220. Cfr. Durand, Bulletin monumental, t. VIII, p. 3o6.
Brutails rtelin.
Fig. 222.
C A RTE LE GUE.
I,A CONSTRUCTION : LES SUPPORTS
FlG. 223. — CONTREFORTS A VIGROKET ET A DOULEZOH.
La face antérieure des contreforts. — Les contreforts dont le parement antérieur est oblique sont du xvin' siècle au bas-côté de Vignonet, plus récents encore à Brouqueyran, à Saint-Martin de-Sescas. à Saillans, à Thoumeyragues, peut être à l'église démolie de Pomerol
(fig. 225). Dans les vieilles constructions, la silhouette oblique est obtenue à l'aide de ressauts. Les plus anciens contreforts à ressauts que j'aie observés dans la Gironde sont contre la nef de Saint-Caprais-de Haux : le ressaut est à angle droit et dissimulé en bas par un bandeau chanfreiné. Les ressauts en talus se voient, d'ailleurs, dans un certain nombre de constructions romanes : clochers de Tourtirac, de Saint-Martin-de-Laye, chœur de Saint Léger de Vignague, nef de Parsac (fig. 92), etc. A Saint-Loubergt, où l'assiette de l'église est en contre-bas vers l'Est, l'abside est épaulée par des contreforts très saillants du pied et qui, en montant, perdent de leur relief par des ressauts en talus. Les contreforts de vieille apparence sont simples et s'élèvent d'une venue jusqu'en haut des murs ; on en trouve de cette sorte à l'extérieur de quelques nefs qui offrent par ailleurs des caractères d'une origine reculée: Saint-Germain d'Auros, Galgon. Les contreforts de la nef de Langoiran ressemblent aux précédents, à cela près qu'ils se terminent en talus.
Le couronnement des contreforts: corniches, talus, etc. — Dans les chevets, contreforts et colonnes concourent habituellement à porter la corniche; ils s'élèvent donc jusqu'à elle. Les colonnes s'arrêtent avant le sommet à Blézignac, où la corniche manque; ailleurs, à Saint-Palais, Martres, Pian, Saint-Caprais, Sablons, etc., les pilastres ne montent pas jusqu'à la ligne des corbeaux, qu'ils auraient contrariée. Ils peuvent arriver jusqu'à la corniche sans rien perdre de leur épaisseur, — nef de Saint- Georges (fig. i3a), absides de Mouliets, Puynormand, Saint-Martin de Mazerat, Saint Sulpice de Falcyrens, Goutras, Saint-Etienne de- Lisse, Courpiac, — ou bien ils s'aplatissent un peu vers le haut, de façon à ne pas déborder la corniche, — Magrigne (fig. 81), Lignan, Tourtirac, etc. Cet aplatissement est de dessin plus soigné clans l'abside de la Trinité de Sainl-Émilion (fig. 336), qui est chez nous l'une des bonnes productions du xm' siècle.
Les contreforts romans et quantité de contreforts gotbiques finissent par une pente inclinée plus ou moins raide, qui rejoint le nu du mur. Les contreforts de Taillecavat, de Pondauraf, de la collégiale de Saint Émilion (fig. 336), terminés en fronton et dont le sommet rappelle un toit à deux versants, sont des contreforts gothiques.
A l'origine, les talus des contreforts ne débordent pas le parement; plus tard, le chaperon avance légèrement et regagne l'aplomb à angle droit, sans larmier; puis, vers le xive siècle, la saillie se creuse par-dessous en larmier. A Léogeats, au moins sur la face méridionale, le larmier n'existe pas dans les contreforts de l'Est; il apparaît dans les contreforts de l'Ouest, plus robustes et moins anciens. Ce sont là des tendances, plus que des règles invariables.
L'appareil des contreforts. — Les contreforts sont de moyen appareil, même lorsque les murs sont de petit appareil, comme dans les nefs de Doulezon, de Saint-Hilaire-du-Bois, de
Brutails ilelin.
Fig. i-î/t. — wcif.n clocher du tourne.