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LES CONTREFORTS DÉCORATIFS

Fie.

'0. — ANCIENNE EGLISE DE POMEROl.

(Croquis de L. Drouyn.)

Langoiran, etc. Us n'ont pas, aux angles, de pierres coudées qui les relient à la maçonnerie voisine; la liaison est faite par des boutisses, par un appareil en besace. Cela est vrai non seulement des contreforts proprement dits, mais encore des colonnes engagées, au chevet de Soulac, par exemple, à la nef de Blasimon, etc.

Les contreforts décoratifs. — Le souci de l'élégance a fait adopter pour certains contreforts un dessin différent du simple dessin rectangulaire : le chevet de Saint Macaire (flg. i/j3) a des contreforts pareils à d'énormes colonnes engagées, qui prennent, il est vrai, une autre forme à partir d'une certaine hauteur. Les grosses colonnes de Bégadan (fig. 3i) avaient peut-être un couronnement pareil et à Castres des contreforts rectangulaires supportent des groupes de trois colonnes. Ces dispositions sont rares; ce qui est fréquent, c'est l'emploi de colonnes engagées, isolées ou réunies en un faisceau ou appliquées sur un pilastre. Quand une abside est à pans coupés, à

Sainte-Croix de Bordeaux (fig. 6), à Espessas (fig. 332), à Lansac, à Salignac, à Saint-André-de- Cubzac (fig. 120), à Mombrier (fig. 326), etc., il est normal que des colonnes soient profilées sur les angles saillants. Des colonnes analogues sont souvent montées contre les absides

courbes : à Saint-Maixant (fig. 338), à Listrac, à Haux, à Galgon (fig. 228), à Bouliac (fig. à Blézignac, etc., et même, comme à Fronsac, sur les flancs des chevets rectangulaires. Dans les édifices riches, chevets de Piis, Budos, Loupiac (fig. 77), Saint-Gervais (fig. 327), Bégadan (fig. 3i), Cissac, Bayon (fig. 28), Camarsac (fig. 333), Berson, abside de Bellefond (fig. 34), Saint-Vivien (fig. i46), Langoiran, etc., les colonnes uniques font place à un groupe de colonnes. Si on considère, dans le chevet d'Avensan (fig. 20), la section horizontale de certains de ces faisceaux, on constate que les colonnes sont réunies par une contre-courbe concave, qui fait pressentir les piliers ondulés de l'époque flamboyante. Les colonnes groupées, notamment quand elles sont appliquées à l'extérieur d'un mur rectiligne, sont quelquefois au nombre de deux : à la naissance du chœur de Loupiac (fig. 77), au clocher de Bassens. Sur les angles de la façade, à Blasimon et à Petit-Palais, montent de gros faisceaux de colonnes. Les dosserets armés d'une colonne engagée sont fréquents; il est vrai qu'ils servent plutôt de pieds-droits à des arcatures ou de supports aux corniches. De même qu'à l'intérieur, ces dosserets ont parfois les angles saillants arrondis, au chevet d'Izon (fig. 60), ou bien, sur les angles, on a profilé une colonnette, à Saint Morillon.

Les corniches, leur place. — Jusqu'au moment où fut introduite dans nos pays l'architecture classique, il n'y eut pas de corniche à l'intérieur des églises. On ne peut pas assimiler à une corniche cette moulure saillante servant à porter la charpente, que le marquis de Castelnau avait notée dans la nef à Montagne et à Saint-Georges1.

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