DE LA PORTE PRINCIPALE
extraordinaires2. » 1)R sainte- crois.
Fie. 9, — SAINTE-CROIX depuis les restaurations. (Extrait du Guide illustré à Bordeau.r.)
1. Ces sculptures, la première surtout, ont été publiées maintes fois, notamment par le P. Cahier, dans ses Nouveaux Mélanges d'archéologie, p. 258, et par Ch. Desmoulins dans le Bulletin Monumental, t. XI, planche après la page 196. — 2. Rapport de M. Magne, reproduit dans le Rapport présenté au Conseil municipal par le maire de la ville de Bordeaux, année 1894, p. 207.
MO>OGRAPHIES
Bordeaux. — Eglise Saint-Michel, dépendant de l'abbaye Sainte-Croix.
L'église Saint-Michel, qui appartient au style français, n'a que de lointains rapports avec 1 histoire de l'architecture bordelaise. C'est un édifice hétérogène, dont la construction, d'ailleurs favorisée par la richesse du quartier, dura de longs siècles.
L'église gothique actuellement debout a été précédée d'une église romane, pour laquelle dame Dozolons donna un terrain, en 1 1 /i 9 1 , et d'une chapelle plus ancienne, dont on a découvert en parlie les substructions au xixe siècle2.
En 1 357 3 et en i425'', il est question de l'œuvre nouvelle de Saint-Michel. Une inscription de i384, encastrée dans un mur, vers l'angle Sud-Est de l'église, signale des dons faits apparemment pour la bâtisse de cette partie. Vers i4oo, des indulgences étaient accordées5, vraisemblablement dans le but de réaliser des fonds pour les travaux. De fait, en 1/120, le maître d'oeuvre de Saint-André fut autorisé à diriger le chantier de Saint-Michel6. Le maître de l'œuvre de notre église était en 1 448 Jean Botarel7 et en 1 456 un nommé Rodrigues8.
Les documents ultérieurs signalent la construction de chapelles : en 1 475, la chapelle du Crucifix, qui est sans doute celle de l'angle Nord -Est, était achevée9; en 1496, on édifiait la chapelle de sainte Suzanne, la seconde à gauche en entrant par la porte Ouest10; en 1 ^97 , on besognait au chœur11, peut-être à la menuiserie.
On pourrait donc croire que le gros œuvre était terminé. Cependant, en 1517, Olivier Maubrun, maître de l'œuvre, donna quittance de ce qui lui était dû pour la construction de sept voûtes et de la chapelle de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, l'avant-dernière au Nord avant d'atteindre le chevet". Le marquis de Castelnau a lu à l'Académie de Bordeaux, en 1904, un mémoire dans lequel il donne les dates inscrites sur les voûtes dans les deux travées Ouest de la nef et des bas-côtés et dans les chapelles adjacentes: ces dates vont de 1 545 à i55g; le bas-relief du tympan de la porte voisine est de i553.
Le i5 février 1690, un accident grave se produisit: comme on avait «laissé croupir les eaux pluviales » sur les voûtes « pandant le cours de plusieurs années », le chœur, un bas-côté du chœur et la croisée s'écroulèrent'3.
En 1762, Cessy et Audebert firent la sculpture de la tribune et du jubé1'1. En 1 782-1788, on remania les portes, afin de supprimer les trumeaux15 : c'est ainsi qu'en 1782 Cabirol et après lui Mercié furent chargés de travaux de sculpture à la porte du transept Nord10. Le chœur, ses quatre piliers et les voûtes des bas-côtés ont été refaits en 1861-1862 et bénits le 20 mai 1 863 '".
Saint-Michel comprend trois nefs, trop également larges, peut-être parce qu'on a utilisé pour le vaisseau central les fondations de l'église antérieure. Un rapport de i84o signale sous le maître-aulel une crypte, dont les voûtes sur croisées d'ogives étaient portées par un pilier central; cette crypte a été transformée en sacristie. Le chevet n'a pas de déambulatoire, et les trois nefs se terminent par autant d'absides polygonales. En élévation, le type de Saint-Michel est celui des églises françaises de style flamboyant: les grandes arcades, d'ailleurs inégales, sont conduites suivant un tracé brisé et bas; pas de triforium; larges fenêtres.
1. H (j!to, fol 93 v°; Archives historiques, t. XXVII, p. 1/17. — 2. Abbé R. Corbin, Saint-Michel de Bordeaux, Etude historique et arcliéologicjue, p. 5. — 3. H 419. — k. H 4ig. — 5. G 1713. — G. H 28/1, fol. 2 v"; Archives liislorii/ues, t. VII, p. 417. — 7. Archives historiques, t. VI, pp. Ô2-5G. — 8. Histoire de La Sauve, par D. Dulaura (E suppl. 12^2), l. IV, ch. 17. — 9. Un espagnol, Alonso Ferrandez, laissa une somme importante pour la peindre (Dartiguemstle, notaire, fol. 7O). La succession, réclamée par le Roi en vertu du droit d'aubaine, donna lieu à un procès et à une transaction (Bouluguet, dans abbé 11. Corbin, op. cit., p. 187). — 10. 22 avril i4g6(G 2252). — 11. 2/1 décembre 1/197 (G 2252). — 12. Sénécbault, notaire, vol. 2, fol. 2^1 v". Olivier Maubrun et Henri, son fils, avaient au moins une maison, grand'rue Sainte-Croix; ils passèrent reconnaissance en i5oi, 1019, 1028, ij3G, ainsi qu'on peut le voir en diverses Iièves du fonds de Sainte-Croix. En 1579, Henri, toujours attaché aux travaux de l'église, était vieux et depuis longtemps malade (G 23A1). — i3. G 1667. — ii. G »3a3, fol. 99. — 1 5. G 2359, 23Gi et 2305. — 16. G 2323, fol. 128 v° et i4<j V; G 2359. — 17. Corbin, op. cit., p. 2.S1.