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LA FORTIFICATION DES ÉGLISES

Bouliac. Il importe, à ce propos, de ne pas confondre avec les créneaux ou les meurtrières les échancrures et ouvertures destinées à donner de l'air et de la lumière et à évacuer la fumée

des arquebuses, mais par où on ne peut pas tirer. On a dans un certain nombre de cas, à Courpiac2, à Saint Martin-du-Bois, à Galgon (fig. 228), mis à profit la légère saillie de la cornicbe pour ménager des mâchicoulis minuscules ou plutôt des meurtrières plongeantes. L'église de Cadillac, bâtie sur les remparts mêmes, a un double mur établi de ce côté et qui forme, sur la tête des goutterots, un passage couvert.

La FORTIFICATION DU CLOCHER. — Le clû-

cher, dont la masse domine le reste de la forteresse, offrait une particulière importance. En 1089, ordre fut donné de raser le chœur et le clocher de Saint-Vivien-de-Monségur « jusques bas»-5. Peu après, en i5gi, le maréchal de Matignon confiait à un lieutenant u la charge de l'églize, fort, salle de Macau »; ce clocher

de Macau (fig. 260) est un

Fil;, if)!. — CLOCHER T)E COIRVC.

Dessin <lp L. Drouyn (Extrait des Variétés girondines, t.

III, p. 189).

clocherdonjon

qui a été, jusqu'en i8o3, couronné de crénelages apparents Le clocher de Tresses (fig. 261) a l'allure d'une tour féodale. Dans les faces libres de celui de Saint-Brice, on a percé, en un jour d'alerte, grossièrement et à la hâte, des embrasures; ce clocher porte de nombreuses éraflures de balles. Cameyrac possède un clocher (fig. 261'"*) monté au-dessus de la façade Ouest : c'est une tour barlongue percée d'archères ; des corbeaux permettaient d'établir un plancher pour servir partie de ces archères; sur la face Est, une bretèche, avec mâchicoulis ouverts à l'intérieur de la nef, commandait la porte qui donne accès au clocher. Goirac (fig. 262) avait un clocher fortifié à l'époque romane5. Le clocher fortifié le plus curieux de la Gironde est celui de Targon (fig. 263), lequel doit remonter au xvie siècle, à l'exception de l'étage supérieur, qui est de 1673°. C'est un ouvrage carré avec

contreforts obliques; une tourelle de faible diamètre en saillie sur la face Nord montre vers le bas deux orifices pour le tir à feu, qui paraissent appartenir à la construction primitive.

1. Notes manuscrites, t. [, pp. i8-i8*'«. Dessin dans le Compte- rendu des Monuments historiques, i855, après la p. 6. — 2. L. Drouyn, Bulletin monumental, t. XXIV, pp. 5o8-5og. — 3. E suppl. 3a5i. — h. Ce couronnement crénelé a été enlevé au cours d'une restauration maladroite; les Monuments historiques ont été saisis de l'affaire quand le mal était fait. — 5. C'est du moins ce que dit L. Drouyn, dans les Variétés girondines, t. III, pp. 189-190. — G. Compte-rendu des Monuments historiques, i846, p. 3i.

Fie.

Brutails photopr.

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