‹ Les vieilles églises de la GirondeChapitre 137 sur 185 · TRIOMPHAL DE PL YUAKISA.N · texte numérisé non relu

TRIOMPHAL DE PL YUAKISA.N

i. Variétés girondines, t. I, p. 260, note. — 2. L. Drouyn, Album de La Grande Sauve, pl. i3. — 3. Croquis dans les Notes manuscrites de Drouyn, t. XLVIII, p. 412. — 4. La dalle à laquelle je fais allusion a été publiée par M. R. de Lasteyrie, dans L'Architecture religieuse à l'époque romane, p. 20g, tig. 19g.

23a LA DÉCORATION : LES MOTIFS

dessinent des X sur l'archivolte d'une fenêtre de l'abside de Saint Vivien et sur l'arc d'un enfeu contre le liane Sud de l'église Sainte Croix de Bordeaux.

Les stries sont encore un ornement d'archaïque simplicité: parfois, une surface lisse, le chanfrein d'un tailloir, par exemple, comme dans l'arc triomphal de Puyharban (fig. 271),

dans le porche de Saint-Seurin, dans l'abside de Puynormand, est divisée en triangles sur lesquels les stries sont alternativement disposées dans un sens et dans l'autre.

La Gironde ne connaît pas ce motif, banal dans les constructions lombardes, que l'on appelle depuis peu dent d'engrenage et qui provient de la juxtaposition de petites pierres se présentant sur un angle. Cependant un bandeau à mi-hauleur de l'absidiole Sud à Saint-Christoly (Médoc) a sur le chanfrein un ornement qui se rapproche de celui-là et quelques autres bandeaux, comme dans la corniche de Guillac, montrent des motifs apparentés aux dents d'engrenage, mais plus petits et taillés dans la pierre.

On peut s'élonner de la diffusion des bâtons brisés dans notre région; ils constituent un élément essentiel dans la décoration des pieds-droits et des voussures de certaines portes, comme celle de Béguey, aujourd'hui démolie. Lorsqu'il y a deux lignes de bâtons brisés, ils peuvent être parallèles, — c'est la combinaison ordinaire — ou bien, comme à l'arc triomphal de Salignac (fig. 2o5), les angles des

Fig. 272. — uisinu i>i niz\n (fragment). v ° '

chevrons se rejoignent, formant des losanges.

Les besants, petits disques pareils à des pièces de monnaie, sont plus rares que les boules, formées à peu près d'une demi-sphère, ou que les perles, qui sont de très petites boules. Les boules sont isolées ou elles s'accrochent au bout recourbé de feuilles grasses.

Un bandeau entaillé par dessous d'échancrures carrées et projetant vers le bas des denlicules également carrés ceint, sous l'appui des fenêtres, l'abside de Marlillac.

Les billettes et les damiers sont les motifs préférés de l'art décoratif roman dans la Gironde. Un gros tore interrompu soutient le bandeau horizontal qui court au-dessus de l'arcature basse dans l'abside Du Nizan (fig. 272): ce sont des billettes rudimentaires. De grosses billettes sur un ou deux rangs encadrent les fenêtres aux absides de Brannens, de Mazerac et de Saint- Loubergt. Billettes et damiers comportent quelques variantes: à La Sauve, les parties pleines des billettes ne sont pas à la même hauteur que les parties vides et les unes et les autres se chevauchent; dans la façade de Galgon, les cases vides des damiers portent un petit ornement pareil aune dame; à l'extérieur de l'absidiole Sud de Lignan-de-Créon, les bouts des billettes alternent avec deux têles-dedou.

On ne compte pas les corniches, les moulures d'imposte, les tailloirs, les archivoltes, etc., décorés de billettes, principalement du côté de Bazas et de La Béole. Dans certains édifices, comme Saint-Macaire ou Saint-Ferme, les maîtres d'œuvre se sont laissés aller à une profusion vraiment abusive des billettes.

Les dents-de-scie sont à peine moins fréquentes : tantôt plus grandes, tantôt plus petites;

LES ORNEMENTS GEOMETRIQUES

quelquefois sur un rang, quelquefois sur deux rangs opposant l'un à l'autre leurs pointes. Il est des morceaux d'architecture, comme la façade d'Espessas, où la multiplicité de ces dentelures aiguës laisse une impression désagréable de monotonie froide et de sécheresse.

Les dents-de-loup sont également sur un rang ou plus souvent sur deux. On les a moins prodiguées que les dents-de-scie, encore qu'elles soient fréquentes. Dans la corniche du chevet de Saint-Palais, le chanfrein est couvert de dents-de-loup qui portent au centre un trou et près du bord un trait concentrique à ce bord;

à Guitres, toujours sur le chanfrein de la corniche, est une fde de dents-de-loup, dont les festons, tournés vers le haut, sont échancrés sur les côtés.

Les entrelacs se prêtent aux dessins les plus variés: des carrés égaux, des carrés de deux dimensions, des carrés et des cercles, des cercles, des cercles combinés avec des rectangles posés sur leur pointe, etc.; entre les mailles on peut loger des boules, ou bien les tiges

entrelacées couvrent la pierre à la façon

d'un treillis (fig. 273). Dans les entrelacs les plus anciens ou les plus archaïques, au premier rang desquels il convient de placer ceux de Bayon et de la crypte de Saint-Seurin, les galons sont creusés en gouttière; lorsqu'ils sont unis, comme dans ce linteau de Coubeyrac où des cercles se coupent, comme dans la base d'un contrefort de Saint-Michel-de-La-Rivière où des baguettes forment des losanges, la sculpture ne doit pas être antérieure à 1100. La plupart des entrelacs de la Gironde doivent être, d'ailleurs, du xne siècle.

Les ornemanistes romans ont fait un large emploi des motifs obtenus en inscrivant un dessin plus ou moins compliqué dans un cercle ou dans un carré: une dalle de Saint-Seurin1, antérieure à l'époque romane, est tapissée de rinceaux déterminant des champs circulaires sur lesquels sont posées des sortes d'hélices; le motif se retrouve à Rome2, à Ravenne3 et en bien d'autres endroits4 ; je l'ai dessiné à Pola. Une croix dans un cercle constitue un ornement, pauvre, il est vrai, et qui est assez rare; je l'ai noté cependant, isolé, en haut de la corbeille d'un chapiteau de Villagrains, où il remplace la rose des chapiteaux antiques, en fde, sur un tailloir du portail de Saint-Martin-de-la-Caussade. Au portail de Gabarnac, des cercles ont, les uns une croix, les autres cinq ou six rais. Six rais curvilignes dans une circonférence d'égal rayon, comme les enfants s'amusent à en tracer, forment un motif à la portée des artistes les plus novices : il est répété deux fois sur une sorte de pelle à enfourner sculptée à la façade de Marcillac5. La corniche qui couronne l'abside d'Artigues porte des cercles tangents et, dans ces cercles, une molette à sept ou huit pointes, percée d'un trou, le tout méplat. Drouyn n'avait pas vu de corniche pareille en Bordelais0 et je n'en connais pas non plus.

Un motif plus intéressant est celui qui se voit aux portes de Gourpiac (fig. 276), de Coirac, de Romagne, d'Aubiac près Verdelais, de Lugasson (archivolte d'extrados) (fig. 27^),

1. R. de Lasteyrie, L'Architecture religieuse àl'époque romane, p. 209, fig. 200. — 2. Puits de Saint-.Iean-de-Latran (Lenoir, Architecture monastique, t. II, p. 20). — 3. Tête d'un sarcophage (Cattaneo, L'Architecture en Italie du VIe au XI' siècle, p. 187). —

4. M. Salomon Reinach (Description raisonnée du Musée de Saint-Germain, Bronzes figurés de la Gaule romaine, p. !i) a publié des bronzes ajourés de Somnie-Bionne, attribués aux iv°-m° siècles avant notre ère et dont le dessin rappelle celui-là. M. de Lasteyrie a publié plusieurs spécimens, tant italiens que français, de cet ornement, dans l'ouvrage précité, pp. 194, 210, 211, 2i5, etc. —

5. Croquis dans les Notes manuscrites de L. Drouyn, t. XLVII, p. 64. — 6. Revue catholique, 1880, p. 323.

LA .DÉCORATION : LES MOTIFS

et que l'on retrouve à l'arcature intérieure de Moulis et à la porte de Saumos. Je crois distinguer ce même ornement sur un dessin qui représente l'ancienne porte de Béguey. '

Des carrés renfermant une croix de Saint-André sont gravés dans une archivolte à Saint-Michel-de-La Rivière et sur un bandeau chanfreiné à l'intérieur de l'église de Sainte-Geneviève de Fronsac. Dans les archivoltes extérieures des fenêtres de l'abside à Saint- Gervais (fig. 827), sur un tailloir de Villegouge, les secteurs délimités par ces traits sont creusés à facettes.

Les têtes-de clou ne se rencontrent guère: on garde dans les dépendances de la cathédrale de Bordeaux un claveau provenant d'un arc qui avait une file

Brutails photogr,

FlG. -l-!). — PORTE DE LUGASSON.

de têtes-de-clou entre deux gros tores. A l'extérieur des absides de Bégadan et de Notre-Dame de Langon, de grosses têtes-de-clou sont disposées horizontalement; toutes ces pyramides plates à Bégadan, une partie seulement à Langon sont gravées d'un dessin au trait assez mesquin.

Les pointes-de-diamant, à facettes plus nombreuses que dans les têtes de clou, et les étoiles abondent: elles forment des archivoltes à l'extérieur d'un grand nombre d'édifices, autour des portes, des fenêtres, des arcades.

Les postes, formées d'une succession de volutes saillantes en colimaçon, ont été sculptées dans un certain nombre de constructions soignées, abside de Notre-Dame de Langon (fig. 3o4), façades de Saint-Émilion et de Petit-Palais.

Il resterait à étudier encore bien des motifs: tels ces festons perlés (fig. 275) que j'ai remarqués à l'extérieur de l'abside de Bellefond et aux portes de Montarouch et du Temple de Blézignac; l'ornement en S de la fenêtre centrale de l'abside à Pujols, lequel paraît être une déformation, très ancienne, de la palmette antique1, etc.

Itrulails delin.

Fig. 270. — festons perlés.

1. Dcchelellc, Congrès archéologique de France, LXXI' session (Le Puy, ujo/i), p. 2o3.

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