‹ Les vieilles églises de la GirondeChapitre 148 sur 185 · A CARS · texte numérisé non relu

A CARS

Brutails photogr.

3o3. CHAPITEAUX.

a saint-michel-de-la-rivière, a saint-pey-d'armess.

On voit des chapiteaux godronnés à Bellefond, à La Sauve, à Doulezon, à ïaillecavat, etc. La Réole (fig. 3o2) et Saint Martin de Serres ont une variété de chapiteau godronné : les troncs de cône en faisceau sont cambrés et les festons découpés en haut de la corbeille sont ornés d'une sorte de grosse perle plate sertie dans un cadre de denls-de-loup.

Parmi les chapiteaux, certains sont à pans coupés, à larges facettes. Il en est, à Saint-Genès-de Lombaud, entre autres, où ces facettes entament profondément la corbeille ; il en est encore, à Saint-Pey-d'Armens (fig. 3o3), où les facettes sont concaves et multipliées ; il en est enfin, dans la nef de Saint-André, à Montagne, à Saint-Cybard, à Notre-Dame de Langon (fig. 3o4), à Ville martin, à Monbadon, à Puisseguin, où les facettes, plus étroites, sont combinées de telle façon que chacune d'elles empiète sur les voisines1. Dans des chapiteaux de Saint-Macaire, les facettes sont simplement accolées et elles sont surmontées d'un ornement pareil à celui des chapiteaux godronnés de La Réole et de Saint Martin-de-Serres.

Chapiteaux gravés ou a dkcou plat. — ■ Les chapiteaux décorés sont de plusieurs sortes: l'idée la plus simple consiste à couvrir la corbeille d'une gravure ou de légers reliefs qui

n'en altèrent pas le galbe.

C'est aussi l'idée la moins heureuse, attendu que la décoration de ce genre ne concourt pas à donner au chapiteau une forme normale. De ces ornementations primitives, la plus primitive se borne à tracer des stries sur la corbeille, comme à Sainte-Colombe (fig. 3o5), à Saint-Sauveur (Médoc), où elles sont disposées soit le long d'une

FlG. 3o4. — FENÊTRE A NOTRE-DAME DE LANGON (iNTERIEIr). I'ainUl'e, SOÎt aillOUr d UI1

petit trou, à Saint-Sulpice-

de Faleyrens, où de larges raies courbes sillonnent obliquement la corbeille, à Saint-Martinde-Mazerat, où des raies de dessin analogue, mais de facture plus régulière, prennent, suivant la moitié de la face, des directions opposées. Sur un chapiteau de Villenave-d'Ornon (fig. i56), les sillons font place à des baguettes assez vigoureuses et qui forment chevron.

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i. Au-dessus de la tribune de Saint-Émilion, il est des chapiteaux assez pareils à ceux-là, dans lesquels le dessin résulte non pas de la rencontre de facettes qui se coupent, mais de petites levées aiguës, qui donnent l'illusion d'arêtes.

LA DÉCORATION : LES APPLICATIONS

Fie. 3o5. — CHAPITEAUX A SAINTE-COLOMBE.

Des chapiteaux sont couverts d'entrelacs qui affectent des formes variées: treillis à Bommes, Berson, Saint-Martin de Sescas. Dans la porte de Pujols-sur-Ciron (fîg. 3i3), en haut du

pied-droit Nord de l'arc triomphal de Saint-Vivien (Médoc), un décor pareil recouvre le chapiteau d'un pilier arrondi. Des tiges diversement traitées et entrelacées tapissent des chapiteaux à Saint-Sulpice de Faleyrens, à Villeneuve près Blaye (dans le jardin du presbytère) (fig. 3o6) et dans les portes d'Illats (fi g. 3ao) et de Lalande-de-Cubzac. Des feuilles sont plaquées en deux groupes qui se font vis-à-vis sur un chapiteau de Pleineselve, en rangs horizontaux sur des chapiteaux de la porte de Léogeats (fîg. 3 18) ou des nefs de Landiras, Laruscade, Villenave d'Ornon, etc. Les ornemanistes ont taillé sur les chapiteaux bien d'autres motifs: à Naujan, des dents-de-scie ; à Bellebat, de petits disques timbrés d'une croix et alignés bout à bout sur deux rangs; à Faleyras, des rosaces d'un type spécial, que nous avons déjà remarquées dans l'encadrement des portes, etc.

Chapiteaux a volutes. - — Les chapiteaux à volutes ne sont pas les moins suggestifs qu'ait produits l'art local. Les volutes comptent parmi les motifs auxquels la tradition s'est le plus attachée : sur divers chapiteaux à Civrac (Médoc) et à Villenave- d'Ornon (fig. i56), de petites lignes en creux conservent le souvenir des volutes. Drouyn a publié 1 deux bien curieux chapiteaux, disparus depuis, de Sainte-Eulalie-d'Ambarès, dont la corbeille est, pour ainsi parler, à deux étages : le bas est lisse, le haut comprend des volutes. Un chapiteau abandonné sur le bord de la route

non loin de Sainte-Eulalie, Au Carbon-Blanc, était fait à peu près sur la même donnée, qui est encore mise en œuvre à Saint-Martin-Du-Puy, sur un chapiteau godronné.

Les volutes de nos chapiteaux romans, même historiés (fig. 2G4), affectent souvent la forme d*une hélice très saillante; elles sont d'ordinaire fort développées (fig. Soy et 3o8). Drouyn attribuait le succès de ce décor à l'influence de La Sauve; M. André Michel constate qu'il est répandu dans toute la région, jusqu'à Toulouse au moins2.

Ces volutes se combinent fréquemment avec la forme que la partie supérieure des corbeilles doit à une réminiscence de l'abaque antique : sur chaque face, trois dés affleurent la naissance du tailloir, un à chaque angle et un au milieu.

Chapiteaux a personnages. — Les chapiteaux romans à personnages peuvent se diviser en plusieurs catégories. Dans La plus nombreuse, une scène est représentée sans aucun souci du rôle dévolu au chapiteau; les acteurs de la scène sont répartis comme ils le seraient sur un panneau sculpté ou sur une

1. Société archéologique, t. Il, p. 76. — ■>.. Histoire de l'art, t. I, p. 618.

Fig. 3oG.

Brutails photogr CHAPITEAU A VILLENEUVE, PRÈS BLAYE.

Fie. 3o7

Brutails photogr CHAPITEAU \ COI I I nES.

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