Variétés girondines, t. 111, p
Fig. 48. — coi pe sur la. nef.
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retaillé: on y voit une femme portant ces mentonnières qui étaient à la mode parmi les contemporaines de saint Louis. Sur un autre chapiteau, les Saintes Femmes au Tombeau sont coiffées pareillement. Les écus dont les Vertus sont armées sont de dimensions modérées et annoncent, semble-t-il, la fin du xue siècle au plus tôt.
La tête de l'arc dans la fausse porte de l'Ouest montre des rinceaux où se jouent des quadrupèdes. Ce motif rappelle la jolie fenêtre d'Aulnay que SjjL de Lasteyrie a publiée1.
Parmi les voussures de la porte, la troisième est ornée d'une rangée de personnages tirant sur une corde; sur la quatrième sont disposées, d'un côté les Vertus, de l'autre les Vices3 ; sur la cinquième, les travaux des mois et, vers l'extérieur, des scènes de chasse. Dans cette même voussure, vers le haut, est un tireur d'épine.
Castillon, arrondissement de Libourne, chef-lieu de canton. — Église paroissiale. Vocable: saint Symphorien. Décimateur : l'abbé de Saint-Florent de Saurnur.
Cette église a été construite à l'aide d'un legs fait par Turenno aux protestants convertis de Castillon, lequel legs était sans emploi par suite de la révocation de l'édit de Nantes.
FlO. 4g. — PLA.K DE L'ÉGLISE DR CA.STILLOK,
L'emplacement fut choisi en 1738; on bénit en 17/10 la première pierre et en 1746 l'édifice. L'architecte était Bousigon,de Bordeaux; l'inspecteur des travaux se nommait Daumesnil3. Les réparations dont j'ai trouvé la trace dans les dossiers modernes n'ont pas affecté le gros œuvre. L'orientation est à peu près normale : le chevet est à l'Est, non pas l'Est franc, mais
1. (iazelte archéologique, 188O, p. 28a. — 2. Cf. R.de Lasleyric, Gazette archéologique, 1886, pp. 280-187 ; Mâle, L'Art religieux du m if siècle, 2' édition, pp. 128-129.— 3. C 25oa ; E. suppl. ttsoC, 4817, 4794; Société archéologique, t. IX, pp. 109 et ss. Une inscription gravée sur une plaque de marbre et reproduite par M. Piganeau dans le volume précité de la Société archéologique, p. note, relate l'histoire de l'édifice. Cette inscription avait été enlevée pendant la Révolution; en l'an XII, l'abbé Jay, ancien uré de Castillon, écrivit au Préfet pour proposer de la rétablir.
ÉGLISE DE CORNEMPS
quelques degrés au Sud. Comme à Notre-Dame de Bordeaux, des pilastres très plats, montés contre les piliers entre les grandes arcades, soutiennent un entablement important, au-dessus duquel est tournée la maîtresse voùle, un berceau que je crois légèrement surbaissé, avec des pénétrations où sont logées les fenêtres; les bas-côtés sont couverts de voûtes d'arêtes; l'abside, d'un cul-de-four à pans coupés; la sacristie, d'une voûte en arc-de-cloitre avec pénétrations, qui porte sur la clef la date : 17/12. L'intérieur est un vaisseau large et clair, de belle allure; il est bien préférable à l'extérieur, qui est gauche.
/Vu total, l'église de Castillon est, en dehors de Bordeaux, la production la plus réussie de l'architecture religieuse girondine au xyiji' siècle.
Gornemps, arrondissement de Libourne, canton de Lussac, commune de Pelit-Palais. — Église paroissiale. Vocable : Notre-Dame. Déciniateurs : l'abbé de Faize et le curé.
L'église de Cornemps est difficile à étudier: renversée en grande partie par les Protestants
FiG. 5o. — im.v.n mi l'église de CORXEMPS. lïputiiils delin.
en 1687, tapissée de lierre épais, entourée de ronces, elle est, de plus, à l'intérieur, encroûtée d'un odieux badigeon jaune, qui empêche de photographier les chapiteaux. C'est, d'ailleurs, un très curieux édifice.
Il mesurait un peu plus de 3o mètres de longueur. La nef est abandonnée'; on a rétabli l'angle Sud Ouest de l'avant-chœur, en sorte que la partie orientale de l'église est livrée au culte.
Le plan de l'abside est étrange : elle projette vers l'Est un angle sur lequel est monté un contrefort percé d'une fenêtre; le parement extérieur n'est pas concentrique au parement intérieur. L'arcature dont le chevet est tapissé porte sur des colonnes à pans coupés.
L'avant-chœur s'ouvrait au Nord et au Sud; mais là face Sud, qu'il est possible d'étudier sur partie de sa longueur, ne montre pas les arrachements d'un bras de transept. J'ignore comment m-maiis photogr.
, , FiG. 5-1. — \ l li EXTERIEURE.
était couvert ce pseudo-transept : un ressaut
de chaque pilier est sans emploi; l'inégalité de hauteur des arcs longitudinaux, plus élevés, et des arcs transversaux, plus bas, exclut la possibilité d'une coupole.