ÉGLISE DE LA SALIVE
FlG. 72. — CLEF DE VOUTE.
(Extrait du Guide Illustré dans Bordeaux.)
à feuillages ou historiés; certains sont très beaux1. Dans la fenêtre qui occupe le milieu de l'abside, les fûts des colonnettes sont couverts de chevrons. Çà et là, quelques astragales figurent une torsade, unique ou double. Sur la façade, une corbeille est tapissée d'un treillis agrémenté de menus ornements. Les tailloirs, les cordons qui courent horizontalement sur les parements intérieurs ou qui se recourbent en archivoltes autour des baies sont rehaussés de palmettes plates ou de dessins courants qui peuvent être ramenés à deux ou trois types. A mi -hauteur et en dedans du mur extérieur des bas-côtés est disposé un cordon de billettes.
M. de Castelnau vit à La Sauve, « sur tous les murs en général, des traces de peinture formée d'un enduit jaunâtre sur lequel on a simulé en couleur blanche les joints des pierres » 3.
Sur la face antérieure des grands piliers on avait encastré des médaillons dans lesquels un Apôtre tient une église3; des légendes versifiées donnent le nom de l'Apôtre.
Le pavement était très varié, suivant Dulaura'1. Il était fait de petits carreaux sur
lesquels étaient empreints des motifs de style héraldique.
Il est malaisé de savoir au juste à quelle date remonte l'église abbatiale de La Sauve. Drouyn jugeait que la bâtisse était achevée au début du vu0 siècle, mais que les voûtes avaient pu être refaites. En réalité, piliers et voûtes sont à peu près de la même époque; la succession s'est principalement produite, non pas de bas en haut, mais de l'Est à l'Ouest. L'œuvre est trop importante et la différence de style trop accusée pour qu'on puisse prendre à la lettre l'allégation de la Gallva qui attribue toute l'église à Grimoard et à la période i2io-i23i. Je croirais plutôt qu'il faut discerner à La Sauve deux
1. Voir dans VIIisLoire de l'Art de M. André Michel, t. [, 2° partie, p. G26, et dans l'Architecture religieuse en France de M. de Lasteyrie, p. 63 1 . — 2 . Notes manuscrites, t. H, p. 11g. — 3. Voir Compte-rendu des Monuments historiques, i85i, p. 19. M. Enlart a signalé l'habitude où ou était d'associer les Apôtres aux croix de consécration {Manuel d'archéologie, t. f, pp. 723-724). — 4- Lh'- 1, ch. 12. Voir des dessins de carreaux de La Sauve dans le Musée d' Aquitaine, 1. 1, planche après la page 22/1 ; cf. le texte, p. 218, note.
Brutails pholugr.
FlG. 73. — CHAPITEAU DANS LE BAS-COTE XIIVI
Bi'Qtnils pliotogr.
FlG. 7/1. — CHAPITEAU DANS LE CHOEUR.
MONOGRAPHIES
constructions successives : partie des murs extérieurs, les piliers adhérant à ces murs et composés de deux pilastres, enfin les contreforts qui ne sont pas au droit des doubleaux seraient d'une église du xnc siècle; le reste des murs latéraux, les voûtes des bas-côtés, la nef et peut être le chevet auraient été élevés à la fin du xue siècle et pendant le premier tiers du xiii0, avant la dédicace de 1281. Il est bien entendu que le bras Nord du transept, la tribune Ouest et peut-être le haut du clocher sont de la fin du gothique.
Les Salles, arrondissement de Libourne, canton de Castillon. — Eglise paroissiale. Vocable : saint Pierre.
Cette petite église, dont l'orientation incline un peu vers le Nord, a été faite en deux fois : à l'extérieur, les joints d'assises de l'abside et ceux de l'absidiole ne se correspondent
pas, du moins dans le haut; à l'intérieur, 1 indécision dans le tracé entre l'abside et l'absidiole et dans le plan du premier support vers l'Est montre qu'il y a eu reprise et remaniement. Or, c'est la petite nef septentrionale qui doit être la plus ancienne : le cordon qui est posé au niveau de l'appui des fenêtres en dehors 1 ' 1 1 1 x5~ Brutaiis deiin. de la principale abside
f.g. 75-,.,.v> de l'église des salles, ne s'enfonce pas dans
la maçonnerie de l'absidiole; il part du point de rencontre par une sorte de congé, et ce n'est pas le seul fait qui atteste l'antériorité de la nef du Nord.
La moitié Sud de l'édifice comprend : une abside polygonale voûtée en cul -de -four à pans coupés; puis, un avant-chœur sous coupole et portant clocher; enfin, une travée de nef qui a été couverte, à l'époque moderne, d'une voûte d'arêtes. La porte, pratiquée dans le mur Ouest, appartient à un style gothique abâtardi.
Les supports sous la coupole sont formés de pilastres sur lesquels ressortent des colonnes engagées; pilastres et colonnes se terminent par un couronnement commun et continu, lequel comprend, de bas en liant, un astragale, un évasement concave, enfin un tailloir dont le chanfrein porte deux rangs opposés de dents -de- loup. De même, les moulures de soubassement contournent le support entier.
Dans la partie primitive de l'église, c'est-à-dire dans le bas-côté septentrional, il ne devait pas y avoir à l'origine d'autre voûte que le cul-de-four de l'abside. Sur la travée Est, on a jeté un berceau; mais on a disposé ce berceau dans le sens transversal. Encore a-t-il agi si \ i-oureusement sur l'absidiole qu'elle s'est disloquée et on a dû l'étayer d'un gros contrefort. Sur la travée Ouest de ce même vaisseau, l'époque gothique a laissé une voûte d'ogives.