SAINT-ANDRÉ DE BORDEAUX
o-roupées » 1 ; en haut, un faisceau de colonnes plus légères. Combes retailla le bas, pour le rendre pareil à la partie haute; dans les travées Ouest, il maintint le faisceau inférieur; enfin, il remplaça par un groupe de colonnes semblables au groupe qui était en face la grosse colonne engagée qui formait le support Sud-Est de la nef2.
La disposition primitive de la nef actuelle doit être étudiée dans les travées occidentales. Une particularité y est surtout frappante: c'est le plan triangulaire des piliers, lequel suppose des voûtes sur croisées d'ogives. Ces voûtes devaient être bombées à la clef; en un mot, c'étaient des voûtes angevines.
Je donne une restitution probable de cet état du monument3.
Les bases des piliers ont été enterrées par suite d'un exhaussement du sol, sans doute en i8o4 h ; mais les bases des colonnes engagées qui reposent sur la galerie sont visibles; or, si on en compare le profil avec celui des bases de Saint-Maurice d'Angers et si on rapproche les chapiteaux de l'une et l'autre nef, on arrive à cette conclusion que notre superbe vaisseau bordelais doit être antérieur à la cathédrale d'Angers. Un tel fait est moins surprenant pour qui sait que Geoffroi de Loroux, archevêque de Bordeaux de n35 environ à n58, était un ami de Suger, qui fit tant pour les progrès du gothique.
La série des niches plates du Sud se réduit à une simple arcature; quant aux niches courbes du côté Nord, qui rappellent la Trinité d'Angers,
elles paraissent, comme les précédentes, dériver des arcades qui décorent cette partie de la construction dans les églises à coupoles. Le chemin de ronde procède également de
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— COUPE EX LOXr. SI R IA NEF DE S VIXT- \NI)RK (RESTITUTION).
i. Rapport de Combes, dans le Moniteur universel du i" décembre 1811. — 2. Il est très difficile de se faire une idée exacte des transformations que subirent les piliers de Saint-André pendant le premier Empire. Nous avons à ce sujet, outre le rapport de Combes, un devis et des états de situation; mais ces textes ne concordent pas sur le nombre des piliers qui furent remaniés. Les Archives municipales possèdent le calque d'un plan établi par Bonfin en ou vers 1787 et M. Mialhe garde, dans sa riche collection de dessins relatifs à la cathédrale, une vue intérieure peinte à la gouache par Brun, vers la fin de l'Ancien régime. Malheureusement, dans cette peinture, le bas des murs est encombré par la chaire, par les estrades des corps constitués et on ne saisit pas, sauf pour le support planté au Sud-Ouest du carré, la superposition des deux ordres de colonnes. — 3. Ce dessin est extrait de la Bévue philomatltique de igo3, où j'ai exposé (pp. 167-17/1) les raisons de cette reconstitution. Je dois ajouter que tout le monde ne l'a pas approuvée; mon confrère et ami Berthelé en a fait une critique dans ses Mélanges, publiés à Montpellier en 1906 (pp. 517-022). J'ai répondu dans la Revue philomathique de 1907 (pp. 97-106). — 4- L. de Lamothe, Actes de l'Académie de Bordeaux, 1842, p. 356.
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MONOGRAPHIES
L'architecture à coupoles : il est, d'ailleurs, fréquent dans les églises de style Plantagenet. \ Saint-André, une balustrade en fer courait le long de ce balcon avant la Révolution1.
Les arcs-boutants de la nef ont été faits bien après le gros œuvre. Ils sont moins nombreux sur le flanc Nord, parce que la construction était épaulée, de ce côté, par les bâtiments de l'Archevêché; la démolition de ce palais met l'église en péril et on édifie présentement un nouvel arc-boutant. C'est apparemment parce que notre nef était mal contrebutée que, vers la fin du xne siècle, les voûtes angevines tombèrent, du moins en partie. On reprit les murs latéraux et, après avoir modifié les fenêtres, on exhaussa ces mêmes murs, qui présentent deux étages de baies et, à l'extérieur, deux corniches. Aux grandes voûtes sur plan carré on substitua des voûtes barlongues, dont les formerets sont visibles, vers l'Ouest, au dessus des voûtes du xvie siècle. Cette restauration affecta vraisemblablement les quatre travées barlongues occidentales, les mêmes qui ont été voûtées à nouveau en i5o8-i5i6.
Au xnr siècle, les travaux recommencèrent. S'il faut faire fond sur la date iaSi, donnée par la chronique, ce doit être la date initiale de cette reprise. On fit la Porte royale, la partie supérieure des piles et les voûtes, lesquelles, quoi qu'on en ait dit, ne furent ensuite rebâties que sous le second Empire.
Le chevet est, en grande partie, l'œuvre du xiv° siècle. Il est l'une des productions classiques du gothique rayonnant. On peut y signaler : la forme carrée des baies du triforium, la nudité des chapiteaux élevés du vaisseau central, les galeries réservées à l'intérieur des chapelles, à la hauteur des fenêtres. En arrière du maître-autel était un autel plus élevé, auquel on accédait par un escalier sis du côté de l'Epître2.
La Porte royale est sur le flanc Nord de la nef. Avec son arcature de soubassement, son très bel encadrement3 et la galerie qui la surmonte, c'est une œuvre française et des meilleures. En 18/47, la porte était cachée par une sacristie; les statues j£jg étaient partie mutilées, partie dispersées; Yiollet-le-Duc s'éleva, dans une lettre au Ministre, contre une pareille profanation. « Cette ancienne porte de la cathédrale de Bordeaux est un des monuments de sculpture les plus remarquables que nous
n\ons en France. Toutes les statues qui la décoraient sont de véritables chefs-d'œuvre comme on n'en trouve qu'à la cathédrale de Chartres ou à Notre-Dame de Paris'1.» Après des pérégrinations dangereuses5, ces admirables statues ont repris leur place.
Des deux portes du transept, celle du Sud est sensiblement plus ancienne. Elle a perdu, pendant la Révolution6, son trumeau, auquel était adossée une statue de Notre-Dame, son tympan, 011 était figuré le couronnement de la Vierge, et les statues de ses jambages7.
La porte Nord, elle-même, avait beaucoup souffert: un rapport de l'an V constate « que
Fin. !,.
Tinitnils plioln;