LES ÉGLISES NON VOUTEES
Brutails delin.
correspondent pas aux voûtes, à Saint-André-de-Cubzac, à Saint-Vincent-de Pertignas, etc. I. Il n'est pas rare de voir à l'extérieur, sur les flancs des églises rurales, des traces de fenêtres qui sont au-dessus de la voûte ou de la fausse voûte actuelle: à Galgon, où on a utilisé les fenêtres à l'aide de pénétrations, à Saint Caprais-de Haux, à Salignac, à Vignonet, etc. Une église voûtée est d'aspect plus monumental et, de plus, la voûte se relie mieux à l'arc triomphal :
dans quelques édifices, comme les églises de Doulezon et de Sillas, le lambris coupe cet arc, ou bien, comme à Saint- Martin-Du-Puy, le berceau du chevet a été refait plus bas, à cause du lambris.
Les églises non voû tées ou
PARTIELLEMENT VOUTEES. — Les
églises totalement dépourvues de voûte sont l'exception. Il y en a cependant un certain nombre et ce à toutes les époques :
les chapelles Saint-Àmand à Preignac et Sainte- Sportalie à Podensac, qui passent pour fort anciennes, n'ont pas dû avoir de voûte, non plus que les églises de Caudrot et de Gironde, l'église de Baleyssac, qui est du xvie siècle, ou celle de Lacanau, qui est plus moderne. Parmi les églises qui n'ont pas une seule voûte je citerai encore : la chapelle du château de Bisqueytan, Caumont, Meynac, Gamarsac. Pujols sur-Ciron, Gauriaguet, ou l'église à trois nefs de Grignols2. Les églises rurales pauvres sont couvertes de cette façon : Saint-Germain-de-Campet (fig. 187), Thil, etc. Les Ordres militaires eux-mêmes, dont les églises étaient cependant de construction riche et soignée, adoptaient parfois ce parti : à Sallebruneau, par exemple, à Marsillan3, etc.
Il était cependant de règle que le chevet fût sous voûte. La famille des églises à chevet voûté et à nef non voûtée, très répandue dans le pays, comprend quelques églises importantes, comme La Réole, où la nef n'a été voûtée qu'au xvnc siècle, et quantité d'églises plus petites : Saint-Sauveur-de-Puynormand, Cardan, Saint-Sulpice-de-Guilleragues, Coutures, Maiïmbaut, probablement Le Puch'1 (fig. 188), etc., etc. Dans les églises à transept, le transept est voûté, comme le chevet : Saint-André-de-Cubzac, où la voûte de la nef est gothique, Montagne et Mauriac, où elle est récente, Cars, etc. Pareillement, le pseudo-transept, dans les églises qui en possèdent un, est couvert d'une coupole ou d'une croisée d'ogives.
Les nefs non voûtées se combinent avec des chevets voûtés de façons très diverses: berceau plein cintre à Sillas, Noaillan, Gabarnac; berceau surbaissé à Clairac, où ce tracé résulte
1. A dire vrai, on voit à Saint- Vinccnt-de-Pertignas, au revers du mur de façade, les arrachements ou les amorces d'un berceau; mais ce berceau, médiocrement épais, ne paraît pas ancien et il est improbable qu'on ait pu équilibrer un berceau roman sur une nef de cette largeur et de cette hauteur. — 2. Drouyn a noté que l'ancienne église de Villeneuve près Blaye avait une nef et deux bas-côtés très étroits, le tout à charpente apparente (Notes, XLVII1, pp. /12/1-426). — 3. 1759. Procès-verbal de visite (Fonds de Malte, registre des visites). — k- Il y a aujourd'hui un lambris sur le chœur et l'abside.
Fl<;. 187. SAINT~GER.MUX-DE-CA.MPET
(Exlrait du Bulletin de la Société archéologique, t. XXVIII. p. 112.)