‹ Les vieilles églises de la GirondeChapitre 87 sur 185 · LA CONSTRUCTION' : LES COUVERTURES EN BOIS · texte numérisé non relu

LA CONSTRUCTION' : LES COUVERTURES EN BOIS

peut être d'une déformation; berceau brisé à Cessac, Masseilles; croisée d'ogives à Villemartin, Saint-Genès-de-Lombaud, Soulignac.

Charpentes et lambris. — Les charpentes n'ont pas de supports spéciaux et sont posées sur les murs, excepté à Saint- André-de-Cubzac, où partie des fermes reposaient sur les chapi teaux de colonnes engagées dans les murs latéraux.

Les lambris sont ordinairement plats (fig. 187) : la voûte en bois, le «conble légier à volte de fust» dont Villard de Honnecourt donne le modèle [, n'était pas très répandue chez nous. Il

en a cependant existé des spécimens, par exemple sur la nef de Gironde, qui avait une charpente romane2, à Cadillac et à Sadirac, qui ont des charpentes gothiques. A Sadirac, le lambris plat actuel cache des peintures qui décorent le pignon élevé au dessus de l'arc triomphal et qui devaient, à

blG. l88. — LE PI CH. r ^ '

l'origine, être visibles. Les lambris légèrement bombés, comme celui de Cazats ou de Thil, sont eux-mêmes assez rares. Lorsque le lambris est concave, il n'en est pas moins rectiligne sur presque toute sa largeur et il se relie aux murs par un pan oblique, comme à Francs (fig. 55), plus souvent par un pan courbe, comme à Clairac, Saint-Germain-d'Auros, Semens, etc. Ces lambris concaves proviennent de ce que, sous certaines charpentes, des liens soulagent les entraits; suivant que ces liens sont rectilignes ou infléchis, ils donnent le gabarit d'un lambris à pans coupés ou d'un lambris cintré aux naissances.

Sont exceptionnels le lambris rampant établi sur le bas-côté unique Des Esseintes et le lambris cloué au-dessus des entraits à Dardenac et à Saint-Germain de-Campet.

Fréquence des charpentes apparentes. — Quelques nefs sont sous charpente apparente, en totalité, comme à Aubiac, près Verdelais, et à Saint-Georges-de-Montagne. ou en partie, comme à Sainte-Présentine et à la chapelle Saint-Urbain, près de Lafosse. Le cas était beaucoup plus fréquent jadis : on peut s'en rendre compte notamment par un rapport que le curé de Pellogrue adressa, en 1765, à l'Intendant sur les églises de cet archiprêtré3 : à Sainte-Radegonde, «l'église n'est ny voûtée ny lenbrissée »; Coubeyrac, « ni lembrissée ni carrelée » ; Doulezon, a sans voûte ny lambris »4; Villemartin, «ni voûtée ni lambrissée » ; Cazaugitat « a besoin d'être lambrissée, ne l'ayant jamais été»; Mouliets, «le restant du lambris tombe, comme étant pourry et vermoulu » 5. La charpente d'Avensan était encore visible en i85o.

Au reste, l'inspection des édifices suffit pour s'assurer de ce qui vient d'être dit : à Piis, près de Blasimon, le lambris coupe les fenêtres; dans la vieille nef de Rimons, les liens de la charpente sont placés plus bas que la partie supérieure des fenêtres, de sorte qu'un lambris, s'il y en avait eu, aurait coupé celles-ci, comme à Piis. A la vérité, il existe, par exemple à Beychac, des lambris à pénétration, avec lunettes s'ouvrant sur les fenêtres; mais je ne crois pas cette complication ancienne0. Enfin, sous presque toutes les jolies charpentes dont il va être question sont cloués des planchers, et il est évident qu'on n'aurait pas pris la peine

1. Album de Villard de Honnecourt, fol. 17 v°. — 2. État des lieux dressé, en i85g, par M. Mondet, architecte (Album de la Commission départementale des Monuments historiques). — 3. C 37C9. — 4. Le lambris de Doulezon fut fait cette même année, suivant une inscription dont le marquis de Castelnau parle dans ses notes (t. II, p. 33g). — 5. i(ig5. L'évèque de Bazas enjoint de lambrisser Blaignac (E suppl. ag38). En 1691, l'archevêque de Bordeaux constate qu'il n'y a pas de lambris à Tourtirac (G 648). 1H78. On achète des fournitures pour lambrisser Haux (E suppl. ia3o). 1783. On s'occupe à Caudrotde créer des ressources 0 pour le lembrissage et carrelage » (E suppl. 3172). — fi. On en voit un exemple à Saint-Siméon de Bordeaux.

Page 1