‹ Les vieilles églises de la GirondeChapitre 88 sur 185 · LES CHARPENTES · texte numérisé non relu

LES CHARPENTES

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d'orner les entraits et les poinçons s'ils n'avaient dû être vus, comme aujourd'hui, que par les chauves-souris nichées dans les combles et par de rares archéologues; les lambris n'existaient donc pas ou bien ils formaient voûte au-dessus des pièces de bois ornées.

Les charpentes romanes et les charpentes gothiques. — Il faut distinguer deux types parmi les charpentes bordelaises : la charpente romane et la charpente gothique. Ces vocables se réfèrent au genre de la charpente et non pas à sa date : on voit, dans l'église de Dardenac, apparaître sous le lambris des entraits de charpente romane; oi\ nous savons que cette église était à terre en 1/179 '• Viollet-le-Duc a vieilli de beaucoup celles de ces charpentes dont il a donné le dessin.

Les charpentes romanes bordelaises se composent d'une succession de fermes semblables entre elles et comprenant deux arbalétriers, un tirant, un poinçon. Les bouts du tirant sont posés à même le mur, ou sur une ou deux sablières, avec lesquelles le tirant peut être assemblé. Souvent, pour défendre ces bois contre la pluie, on a surélevé quelque peu le bord exté-

rieur du goutterot.

Les pannes ne sont pas simplement placées sur les arbalétriers:

elles les traversent plus souvent2, contribuant à entretoiser les fermes et à raidir tout le système. Pour arriver au même but, des liens sont fréquemment disposés, dans le sens de l'axe de la nef, entre le poinçon et le faîte : à Saint-Michel-Lapujade, à Camiran, à Saint-Sève, à l'église

récemment détruite de Pomerol, à Saint-Yzan de Soudiac, à la chapelle de Saint-Urbain, etc.

Un petit nombre de fermes n'ont pas d'autres pièces de bois que celles dont il vient d'être parlé, plus les chevrons. On a d'habitude introduit dans la charpente des poutrelles destinées à soulager les arbalétriers, sur lesquels pèse le toit : à Castelvieil, des arbalétriers sont réunis au poinçon par une sorte d'entrait retroussé; une telle combinaison ne paraît pas ancienne3. Presque toujours les pièces accessoires qui soutiennent les arbalétriers sont obliques. Elles peuvent être combinées de deux façons au moins : ou bien leur extrémité inférieure est engagée plus ou moins haut dans le poinçon, — c'est le parti adopté à Baleyssac (fig. 189), de sept en sept entraits environ, à Courpiac et à Pomerol; — ou bien elle reporte la pesée suite tirant. Ce second parti, dont Viollet-le-Duc a donné deux exemples girondins'1, eut plus de succès, parce que, les jambettes étant infléchies et le haut de l'arbalétrier étant entaillé suivant une courbe concave qui continue celle des jambettes, l'ensemble rappelle une voûte : Saint- Yzans, Galgon (fig. 190), Camiran, Saint-Michel-Lapujade (fig. 191) possèdent des fermes ainsi traitées. La charpente de Loubens, qui ne remonte probablement pas bien haut, a dans les mêmes fermes l'un et l'autre lien, l'un s'appuyant sur le poinçon et l'autre sur le tirant. Les charpentiers qui faisaient porter sur le tirant partie du poids des. arbalétriers et de la

Fig. 190.

1. H 1G1.— 2. Il est arrivé que des charpentiers modernes ont laissé sans emploi les entailles pratiquées pour loger les pannes cl ont placé celles-ci au-dessus de l'arbalétrier: à Saint-Yzans, par exemple. — 3. On a travaillé à la charpente de Castelvieil vers 18/17 (Compte- rendu des Monuments historiques, i848, p. 38). — k- Dictionnaire d'architecture, t. III, pp. 5 et 6.

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