‹ Les vieilles églises de la GirondeChapitre 89 sur 185 · CHARPENTE DE SA.INT-MICHEL-LAPL JADE · texte numérisé non relu

CHARPENTE DE SA.INT-MICHEL-LAPL JADE

toiture furent conduits à soulager à son tour le tirant par des liens, plutôt incurvés, engagés dans le mur ou reposant sur un corbeau. Ces liens subsistent à Galgon et dans quelques églises dont la charpente est dissimulée derrière un lambris; l'église Saint-Albert de Lamothe-Landeron, celles de Saint- Martial, de Saint-Caprais-de-Haux, peut-être de Gornemps 1 et quelques autres montrent à l'intérieur, en haut des murs, des corbelets qu'il est difficile d'expliquer autrement. Dans la charpente de Gironde, telle du moins que la

représente le dessin de M. Mondet, et dans celle de Sadirac, dont il va être de nouveau question, la face interne des liens, des jambettes et du haut des arbalétriers décrit une courbe unique, suivant laquelle on avait tourné la voûte en bois.

Une charpente de type roman existe dans un certain nombre d'églises : des deux charpentes publiées par Viollet-le- Duc, Lagorce2 et Villeneuve, près Blaye, celle-ci au moins a disparu. L'église de Sadirac a une charpente gothique (fig. 192): une ferme comprenant entrait, entrait retroussé, poinçon, chevron, liens et blochets alterne avec cinq ou six fermettes formées d'un entrait retroussé, de chevrons, de liens, enfin d'un blochet assemblé, d'une part avec le pied du chevron, d'autre part avec le lien. Des charpentes de type gothique plus élancé portent le toit sur la nef de Baurech3, où on compte une ferme pour sept fermettes, et sur la nef de Cadillac. Au-dessus de la chapelle funéraire des ducs d'Épernon, qui a été accolée à cette dernière église vers 1600-1610, la charpente est plus massive. La plus belle charpente du Bordelais est celle de Guitres. La charpente de La Béole devait être fort importante : elle était très large; elle était aussi très haute, car la pente des chevrons était raide. Il en était de même, d'ailleurs, à Berson.

La combinaison de la charpente avec un berceau et avec une croisée d'ogives. — La combinaison d'une charpente et d'une voûte en berceau ne parait pas très ancienne dans nos pays. Dans les constructions romanes voûtées, la toiture était, semble-t-il, posée sur les reins de la voûte : il en était ainsi en 1753 sur le chevet de Sainte-Croix de Bordeaux4. Semblable disposition a été signalée à Magrigne et à Marcenais. A Foncaude et dans nombre d'autres églises, les goutterots ont été exhaussés, sans doute pour permettre d'interposer une charpente entre la voûte et le toit. Maintes fois on releva le toit pour loger les défenses au-dessus de la voûte : la conséquence était d'introduire une charpente dans l'édifice.

La voûte gothique, légèrement construite, demandait à être protégée par un toit sur charpente. On peut croire cependant que les plus vieilles voûtes sur croisées d'ogives portaient directement le toit; il en était encore ainsi sur la nef de Sainte Croix de Bordeaux, par

1. Les corbelets de Corncmps rappellent, par leur disposition dans l'écoinçon des arcs latéraux, celui que Viollct-lc-l)uc a dessiné dans le tome IV de son Dictionnaire, p. 3o8, lig. 3. — 2. Viollet-le-Duc a publié cette charpente d'après un dessin de Durand. Nous avons, dans les archives de la Commission départementale des Monuments historiques, un dessin de cet architecte représentant une ferme delà charpente de Lafosse. — 3. La ferme Ouest est la seule intacte à Baurech; on a, dans les autres fermes, substitué au tirant un entrait retroussé pour faire la place aux voûtes. Sur la charpente de Saint-Michcl-de-La-Rivière, vn\i7 E.-M. Lamartinie, Un coin du Fronsadais, p. 121. — !>. II 021.

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