‹ Les vieilles églises de la GirondeChapitre 92 sur 185 · FENÊTRE A MONS · texte numérisé non relu

FENÊTRE A MONS

xne siècle, d'autre part, que le plein cintre a duré longtemps: la porte de Montussan, qui était en plein cintre, avait des chapiteaux gothiques; à Saint-Ferme et à Montagne, le plein cintre existe avec des croisées d'ogives; à Mauriac, l'un des arcs qui soutiennent la coupole est en plein cintre, les autres sont brisés; sous la croisée d'ogives du clocher à Saint-Médard-de-Guizières, les formerets sont en plein cintre et les doubleaux en arc brisé; dans quelques fenêtres, à Mons, près de Belin (fig. 19/i)) à Saint-Nicolas de Génissac (fig. 2/11), etc., les deux formes se mêlent.

Il est des cas où la raison de cette différence se lit aisément. Ainsi en est-il dans une arcature de l'abside à Camarsac : l'arc brisé est adopté pour cette arcature; mais l'arc central serait trop haut si on l'avait construit sur une figure semblable et on l'a fait d'un seul segment de cercle. En général, la brisure, étant amenée par des raisons de stabilité, affecte d'abord les voûtes : à Soulac, les voûtes sont en arc brisé, les arcades et les fenêtres en plein cintre (fig. 116 et 117); à Saint-Ciers-de Canesse (fig. 209), les arcs de soutien de la coupole sont brisés, tandis que les fenêtres sont en plein cintre; de même, à Saint Palais-Lalande, les voûtes et doubleaux sont brisés, les fenêtres sont en plein cintre. C'est la règle dans les églises du Temple et de l'Hôpital, Magrigne, Lalande, Montarouch, Queynac, etc. : les voûtes sont des berceaux en arc brisé, les fenêtres sont couvertes, au moins en partie, d'arcs en plein cintre.

D'autre part, on trouve des berceaux brisés fort avant dans la période gothique, lorsque les voûtes d'ogives étaient depuis longtemps connues. Romagne en offre un bel exemple, dans

1 lequel un corbeau figure les têtes de deux person-

nages à cheveux mi-longs, vraisemblablement des contemporains de saint Louis et de la Sainte-Chapelle. L'église de L'Isle, en Médoc, où des contreforts gothiques placés de biais et une 'fenêtre largement percée décèlent une origine moins reculée encore, était pareillement voûtée en berceau brisé1.

Le tracé des arcs brisés. — Les formules géométriques pour le tracé des arcs brisés font l'objet d'observations attachantes. Ces arcs sont quelquefois asymétriques, formés de deux courbes inégales et dissemblables : ainsi sont faits les grandes arcades de l'église de Rauzan (fig. 111) et les formerets qui sont aux extrémités Est et Ouest dans le bas-côté de Massugas.

Quand on étudie les voûtes en berceau, il faut en relever le tracé près de la tête : là elles pénètrent dans les murs, qui les soutiennent et qui les garantissent contre les déformations. Même sur ce point, d'ailleurs, les voûtes sont souvent irrégulières. Voici néanmoins quelques constatations. A Lalande-de Pomerol (fig. 195), la génératrice du berceau est en tiers-point proprement dit; en d'autres termes, le rayon est égal aux deux tiers de l'écartement des naissances. A Magrigne (fig. 80) et dans l'une des

t, Société archéologique, t. XV, pl. 1,

Brutails dolin.

Fig. ir,5. — tracé d'un doubleau de tête,

A LA.LA.NDE-DE-POMEROL.

LA CONSTRUCTIOI* : LES ARCS ET LES VOUTES

Brutails delin.

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