‹ Les vieilles églises de la GirondeChapitre 93 sur 185 · TRACÉ ll'l \ DOUBLEAI l>E TÈTE, \ GADARSAC · texte numérisé non relu

TRACÉ ll'l \ DOUBLEAI l>E TÈTE, \ GADARSAC

cliapelles latérales de Monségur, le berceau doit être de forme semblable, et à Cadarsac (fig. 196) aussi, à quelque chose près. Dans le berceau de Lugagnac (fig. 197), les centres sont plus rapprochés du milieu de la corde; de même à Dieulivol, où la corde étant de 7'" 18 et la flèche

de 4m20, les centres sont à o'"67 environ du milieu; ailleurs ils en sont plus éloignés. J'ai vérifié dans une porte de l'abbaye de Saint Ferme et dans une fenêtre de Saint Martin-de-la Caussade que la distance de chacun des centres au milieu de la corde est égale à environ un cinquième de celle-ci. Les proportions doivent varier; mais il est très rare que les arcs soient aigus: la forme en lancette est, pour ainsi dire, inconnue dans l'architecture locale.

La construction dus berceaux. — Qu'ils soient en plein cintre ou en arc brisé, les berceaux anciens naissent un peu en dehors de l'aplomb des pieds droits; la moulure d'imposte est de quelques centimètres plus saillante par-dessus que par-dessous (fig. 198). Cette précaution, on le comprend, était utile pour appuyer solidement les cintres provisoires en charpente. Le ressaut est plus apparent dans les très rares constructions qui n'ont pas de moulure à la naissance du berceau; Andernos n'a pas cette moulure, et c'est l'un des motifs qui portent à croire que le chevet d'Andernos est peut être fort ancien.

11 ne paraît pas que les berceaux atteignent dans nos pays l'épaisseur excessive qu'ils ont parfois ailleurs. La voûte de Dieulivol mesure o'"25; les dimensions | sont les mêmes sur le chœur de Pujols. Le berceau du clocher de Saint André-de Cubzac a o'"6o environ; mais le carrelage augmente l'épaisseur1 et, de plus, dans les clochers les voûtes sont plus massives qu'ailleurs. On m'a parlé d'épaisseurs supérieures à celles-là, sans que j'aie pu m'assurer si le renseignement était exact.

L'intrados des arcs est concentrique à l'extrados. Des fenêtres sont, à Magrigne (fig. 81), appareillées un peu différemment, et le sommier, qui fait corps avec l'assise voisine, est extradossé en escalier. Dans la fenêtre d'une absidiole Nord à La Sauve, dans les arcs tournés sous la coupole de Saint-Ciers de Canesse, l'extrados est irrégulier. Il est polygonal dans la fenêtre Est de Caudrot, comme dans des arcs byzantins'. Ce sont des exceptions: l'extradossement en escalier, tel qu'on en voit à Cours (canton de Monségur) et à Cardan, caractérise une basse époque. Quelquefois, deux arcs retombent sur un tailloir étroit, comme dans l'arcature intérieure du chevet de Saint-Médard de Guizières ou dans les baies géminées qui flanquent la porte de Lurzine (fig. 34a) : dans ce cas, l'extrados se rapproche de l'intrados près des naissances et les claveaux bas sont plus courts. L'inverse a lieu dans les arcades de la crypte à Saint Seurin de Bordeaux : le constructeur a fait ces arcs plus minces à la clef, afin de gagner quelques centimètres sur la hauteur.

Fin.

I ((7 . — TRA.CE DE I.A VOUTE l)F ï.t GAGNAC.

1. [.es voûtes sont surchargées habituellement de débris, qui contribuent à empêcher de mesurer l'épaisseur de la voûte proprement dite. — 2, Choisy, L'Art de bâtir rhe: les Ry:antins, p. 20.

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