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CHAPITRE CINQUIÈME

A Hadrid. — Un tiers de Corrida de Toros. ~ Éventremenls nauséabonds. ËTentails et mintilles— La garde montante au Palais.

Monter dans un omnibus d'hôtel peinturluré, orné de franges et de bouffettes vert-chou, enlevé par six mules couvertes de paquets de pompons et criblées de sonnettes, — être volé par les commissionnaires, — croiser à tout instant dans les belles avenues qui vont de la gare h l'intérieur de la ville, d'autres équipages bariolés ou d'immenses omnibus transformés en voitures de noces, aux panneaux jaune-serin ornés de paysages et traînés par des mules plus pomponnées et plus élégantes s'il est possible que celle du susdit omnibus, — cela suffît, on le comprend, pour monter fortement l'imagination du voyageur!

Et tout cela pour descendre ensuite à la Puerla del Sol, au centre d'un boulevard Montmartre infiniment trop prolongé ! La célèbre Puertadel Sol est un immense carrefour tiré au cor* deau, bordé de hautes maisons d'une régularité désespérante, centre d'où rayonnent dans tous les sens de larges rues également bordées de longues lignes droites aux grandes maisons monotones.

Le cadre manque complètement. Quelle désillusion et comme on serait disposé à s'ennuyer s'il n'y avait tant de fleurs, tant de mantilles et tant d'éventails par les rues.

Souveraine absolue, la mantille règne sur toutes les classes et couvre toutes les têtes féminines depuis celle de la duègne respectable jusqu'à celle de la petite fille. A notre première sortie, nous avons croisé une école de jeunes demoiselles sortant de l'église sous la conduite de deux sœurs; toutes les gamines depuis les grandes de douze ans jusqu'aux bambineltes, vêtues d'une robe d'uniforme grise très -courte, portaient la mantille noire et bon nombre d'entre elles jouaient de l'éventail rose comme de grandes personnes.

Les premières comniuniantes, elles aussi^ portent un costume court très coquet^ bien dififérent des juponnages fabuleux des communiantes françaises, et un voile qui se rattache à la mantille par des liens de parenté visibles.

Sur les dalles de la Puerta del Sol, c'est un défilé perpétuel de charmantes figures formant toutes des sujets d'éventail réussis, un défilé de mantilles noires, de mantilles blanches, de cheveux blonds frisottant sur des fronts et sur des nuques adorables, de cheveux noirs et de cheveux bleus arrangés en gros-

ses boucles et rejoigaaDtdes sourcils féroces, na défilé de mauolas eofm, paitni lesquelles certaines digues de Goya, montrant sous les barrettes du petit soulier, des bas à dessins fantaisistes et marchant un œillet à la bouche.

La marchande de ces œillets est à tous les coius de rue, portant son rouge bouquet dans un petit baril de bois plein d'eau, au milieu d'un tohu-bohu de marchands de billets de loterie, de vendeurs de places aux courses de taureaux, et de

cireurs de bottes aux allures inquiètes, qui cherchent à entraîner leurs clients sous les portes cochëres, à l'abri de l'œil vigilant du sergent de ville.

Le fond de la langue à la Puerta del Sol est toros et lolen'a. Aujourd'hui Jour de fête, corrida de toros, dimanche prochain, toros extraordinaires au bénéfice d'un hépilal. Les huit taureaux de dimanche seront enrubannés aux couleurs de huit dames de la plus haute aristocratie, princesses, duchesses ou marquises, qui ont daigné accepter d'en être les marraines; heureux les chevaux qui auront Thooneur d'être éventrés ce jour-là !

Si la corrida elle-même est une chose absolument écceu-

raDte, rien n*est gai et charmant comme un départ pour la Plaza de toros. Tout Madrid est en l'air; sur la route depuis la Puer ta del Sol jusqu'au Prado, une double file d'équipages se rend à la fête ; les omnibus et les trami^ays traînés par des six ou huit mules couvertes de bouffettes et de pompons verts ou rouges, sont tout à fait bondés ; dans les calèches découvertes, dans les voitures de Taristocratie, on naperçoit que des mantilles, toutes les dames ont arboré la mantille blanche nationale.

Des voitures passent pleines de jeunes filles et d'enfants qui s'en vont voir travailler les taureaux comme on va au concert ou à une matinée dramatique. Puis, fendant la foule, voici des toreros, les premiers sujets de la quadrilla, se rendant à Tarêne en voiture découverte ; tous les regards sont pour eux, ils trônent renversés sur les coussins et drapés élégamment dans leurs capes jaunes et rouges.

C'est un tapage étourdissant de clochettes, de marchands d'agua fresca, d*aguardiente, d'oranges et d'éventails, tapage commençant dans la ville, se poursuivant sur toute la route et se continuant jusque dans l'intérieur du monument national voué au culte de l'art tauromachique.

Il va sans dire que nous avions pris nos places pour la corrida et que pleins de joie nous étions arrivés à la plaza avec une heure d'avance pour bien voir tout, préparatifs et arrivée.

Les amateurs, les aficionados, absolument semblables comme allure aux bookmakers de Lonchamps, étaient déjà dans les coulisses, représentées par de petits bâtiments en briques séparés de. la grande arène par des cours encombrées de monde. Les

picadores, très entourés, choisissaient leurs chevaux parmi les pauvres vieux animaux, maigres^ décharnés, affaissés, invalides parvenus au terme de leur carrière et destinés à périr sous les coups de cornes.

On visite les écuries où ces pauvres victimes, reposant leurs vieux os sur la litière de leurs belles stalles, se félicitent sans doute de leur heureux sort apparent sans se douter de ce qui les attend. Dans un coin de la cour, ceux que l'on a choisis pour mourir aujourd'hui se tiennent le nez au mur, sellés et enrubannés; à l'autre coin, contrastant avec la tranquillité des vieux chevaux, par leur pétulance et le bruyant ramage de leurs grelots une troupe de belles mules pomponnées attend en piaffant et en ruant le moment de jouer un rôle dans la tragédie.

Ce sont elles qui viendront tout à l'heure enlever les cadavres de l'arène.

Les picadores montent en selle et vont essayer le bois de leur pique contre un poteau. Leur costume est bien connu : petite veste et gilet couverts d'or, grand chapeau d'aspect mexicain, et culotte protégée par une doublure en zinc.

A partir de trois heures et demie des flots de spectateurs emplissent l'arène et les couloirs. Nous abandonnons les coulisses et nous regagnons nos places. Tout est bondé, à l'ombre comme au soleil ; dans la foule de vêtements noirs, beaucoup de costumes des provinces se distinguent par une noie plus claire; des bancs entiers sont occupés par des femmes des environs en robes jaunes, bleues, vertes et nous avons pour voisin un Ândalou tout en noir : culotte courte et guêtres

Doires, petite veste noire à boutoos de filigrane d'argent, gilet découvrant une chemise à dentelles fermée par on gros bouton de filigrane d'or.

Partout des femmes élégantes et jolies forment de ravissants groupes, où pas un chapeau ne se fait voir, pas un seul ; aux

taureaux, on ne porte que la mantille blanche ou noire arrangée de toutes les façons.

La foule remplit toujours l'arène ; de tous c6lés des oranges décrivent des paraboles en l'air et parties de l'arène s'en vont tomber jusque sur les derniers gradins tout en haut. Ce sont les marchands d'oranges qui, par des prodiges d'adresse, envoient leur marchandise h qui la demande, découvrant le client parmi les milliers de lëtes pressées et lui envoyant les fruits avec une précision fabuleuse. Comment l'acheteur s'y prend-il pour faire passerl'argent au vendeur, ceta,nousn'avonspu le découvrir.

Enfin on fait évacuer l'arène. Les trompettes sonnent et le quadrilla fait son entrée solennelle.

En tête, deux alguazils à cheval, en costumes du seizième siècle, coiffés de chapeaux de forme Basile, cavalcadeut sur des chevaux superbes. Puis les toreros uo à un, sur trois lignes : les espadas d'abord, les capeadores ensuite, puis les picadores à

cheval, puis les banderillos, et enfin les attelages de mules et les garçons de l'arène, des gamins de seize ans habillés de blouses rouges, aussi hardis et aussi exposés que les vrais toreros.

Toute cette procession vient à pas lents saluer les autorités et solliciter la permission de commencer. La musique joue, les beaux alguazils, après avoir bien fait piaffer leurs chevaux, vont porter la clef du toril et se sauvent au grand galop. Il est temps, derrière eux la porte s'est ouverte et le taureau a surgi brusquement dans l'arène.

Ébloui par le grand soleil, ahuri par l'ouragan de cris qui a salué son entrée, ils'arrête en grattant le sable au milieu de la place.

Tous les toreros se sont éparpillés ; au fond, placés de chaque côté de la porte du toril, les picadores attendent impassiblement la charge du taureau. Les chulos ou capeadores agitent de grands manteaux rouges^ enfin Tun d'eux se détache et vient en courant lancer sa cape rouge dans les yeux du taureau qui secoue furieusement la tète et se précipite sur Thomme. Mais Tagile chulo a déjà gagné la barrière, et saute par-dessus à la force du poignet; un autre Ta remplacé et poursuivi de même, s*est arrêté sur le marche-pied de la barrière.

Un autre chulo prend sa place devant le taureau qui court follement de Tun à Tautre, les cornes basses et ne réussit qu'à s'envelopper la tête dans les plis de l'étofTe. — C'est quand le taureau, harcelé par une vingtaine d'ennemis lestes comme les chats, commence à baver de fureur^ que le drame se dessine.

Les deux picadores à cheval n'ont encore rien fait, tout à coup le taureau les aperçoit et, abandonnant les insaisissables chulos, se lance sur ces ennemis immobiles.

C'est le moment. Les chevaux ont les yeux bandés pour qu'ils ne reculent pas, le picador donne un coup d'éperon et baisse la lance pour recevoir le choc du taureau. En moins d'une minute cheval et cavalier, soulevés d'un coup de corne, sont jetés en l'air et lancés contre la barrière. Le picador est dessous, vite les chulos se précipitent pour détourner le taureau du tas sanglant qu'il fouille avec ses cornes.

Le cheval est relevé à grands renforts de coups par les garçons de l'arène, on hisse Thomme dessus et d'un bon coup d'éperon le picador revient au taureau la lance en avant. Le tau-

reau^ Tépaule ensanglantée par le premier coup de lance, attend à son tour.

Le malheureux cheval fait trois pas sur ses jambes tremblantes et, chose épouvantable, se vide pour ainsi dire complètement ; en marchant, les entrailles, le sang, tout tombe comme d'un baquet renversé.

Brusquement le cheval tombe au moment oii le taureau revenait et Ton tire le picador à grand'peine pendant que la bête féroce s'acharne sur le pauvre cadavre, encore secoué par des tressaillements.

Sur les gradins ce premier sang est salué par une explosion de cris et d'applaudissements. Nous pâlissons, le cœur nous tourne, mais nos voisins et nos voisines sont très contents : le taureau est bon.

C'est le tour du second picador, à peine a-t-il le temps d'abaisser sa lance, qu'il est jeté sur le sable et que son cheval est tué comme le premier. Le premier picador revient sur un autre cheval et reçoit le choc : il est bientôt par terre et son cheval galope dans l'arène en traînant un paquet d'entrailles. Lesgarçons de l'arène le rattrapent et remettent le picador sur le dos delà malheureuse bête dont les jambes fléchissent.

Le taureau revient à la charge ; on entend un bruit sourd, cheval et cavalier sont jetés contre la barrière :1e cheval est mort et le cavalier doit avoir quelque chose de cassé, car les chu-

los l'emportent.

Les banderillos entrent en scène a leur tour ; le taureau revenu au milieu de l'arène souffle bruyamment, les banderillos vont droit à lui et lui plantent dans les épaules des espèces de

flèches eni-ubaDDées. Quaod il en a trois paires sur sa croupe ruisEelaote de sang, le taureau devient euragé et se secoue comme un forcené.

11 est à point. Voici le dénouement, c'est k son four de mourir. L'espada, le célèbre Frascuelo, entre dans l'arène à pas lents. 11 salue les spectateurs avec la plus grande tran-

quillité, et demande la permission de tuer le taureau à la loge des autorités.

La permission obtenue, Frascuelo d'un beau geste, jette son chapeau en arrière sans regarder, et se dirige vers le taureau, l'épée enveloppée dans un grand voile rouge nommé la muleta.

Bien planté devant le taureau, il fait tourbillonner sa mulela et se contente, à chaque charge de la bète, de pirouetter sur les talons pour éviter les cornes sanglantes. Enfin il s'arrête, le taureau demeure aussi immobile, et tous deux, à trois pas l'un de l'autre, se visent pendant une minute terriblement longue ! Au moment où le taureau se précipite, Frascuelo allonge le bras et

frappe. Le taureau roule à terre, mais se relève aussitôt couvert de bave et de sang, et ce n'est qu'à la troisième estocade précé* dée des passes de muleta, que la boucherie se termine par la mort de la bête.

Ouf! Quel soupir de soulagement ! Au risque de froisser

Maures, Navarrois et Castillans, nous déclarons la chose absolument hideuse ! Et pourtant nous étions partis pour la corrida avec un enthousiasme surchauffé encore par le spectacle coloré de l'arrivée ; mais la mort du premier cheval vidé par la bête nous en a radicalement guéris et n'a laissé à la place qu'un profond sentiment d'horreur.

L'entr'aicte n'est pas long, cinq minutes suffisent. Les attelages de mules accourent avec un gai carillon de clochettes, les cadavres des trois chevaux et de leur assassin sont accrochés et ti-atnés au dehors, les paquets d'entrailles sont enlevés, et du sable est jeté sur les mares de sang.

Au moment où nous allions nous sauver, un deuxième taureau, un noir à longues cornes, fait son entrée et nous restons malgré nous.

Mêmes éventrements de chevaux, mêmes chutes de picadores. Un chulo est lancé d'un co up de tête par-dessus la barrière, sans trop de mal heureusement, et enfin mort du taureau d'un seul coup d'épée entre les deux épaules.

Cette fois, sans le moindre respect humain, nous nous sauvons ; on sourit autour de nous, c'est le moindre de nos soucis. Nous avons le temps d'apercevoir, dans les annexes de l'arène, des gens en train de charger les cadavres des pauvres chevaux sur une charrette, et de casser les cornes des taureaux à coups

de masse. Parles portes de Tarène nous voyons encore les cholos courir et le troisième taureau en train d'éventrer un cheval.

Et voilà ! c'est assez pour toute une existence. Sans vouloir faire de la sensiblerie, cet abattoir féroce nous semble répugnant. Les toreros sont superbes, tant que Ton voudra, mais le supplice des pauvres vieux chevaux nous pénètre d'horreur et nous fait oublier ce que le spectacle peut avoir d'héroïque.

Avec les chevaux, les picadores seuls nous intéressent, eux aussi sont là pour recevoir les coups ; immobiles sur leurs vieux coursiers, ils attendent l'attaque du taureau, certains d'être renversés deux ou trois fois à chaque course ; alourdis par leurs bottes.de zinc, ils peuvent à peine se relever, toute leur adresse consiste à tomber entre la barrière et leur cheval pour être préservés par ce rempart des cornes du taureau.

-Les courses de taureaux ont leur Moniteur, le journal le ToreOj qui parait le lendemain de chaque course et donne au public le compte rendu détaillé de la fête, avec de savantes dissertations sur la bonté des taureaux et sur la façon plus ou moins artistique dont ils ont été estocades.

11 faut voir comme ils sont achetés et lus et comme les to-^ reros en petite tenue, attablés dans les cafés sont entourés par les amateurs. Maintenant que tout est passé, Vautre qui a oublié les chevaux vidés, les seaux d'entrailles et de sang répandus sur le sable, a retrouvé son ancien enthousiasme pour les Corridas et prétend avoir été entraîné de force hors de l'arène.

Il va si loin dans son endurcissement que nous craignons fort qu'à notre prochain voyage à Madrid, il ne se fasse toréa-

dor! S'il veut un jour se faire recevoir membre de la société protectrice des animaux, que ceci le fasse blackboucher I

Un séjour à Madrid consiste en vi»tes aux musées et en promenades dans les belles avenues du Prado.

Le Musée, c'est la maison de Yelasquez ! Le grand maître y trône avec son escorte : le dur Ribera, le langoureux Murillo, Zurbaran, Alonzo Cano, Goya, etc.

Naturellement nous n'y toucherons pas, nous résisterons même, en faveur de ses Majas, à la tentation de dire du mal de Goya et de ses accès de folie furieuse sur toile.

Le Prado a été chanté par les poëtes et il le mérite, tant pour ses avenues et pour ses statues que pour les Mantilles de ses promeneuses, Marquesas ou simples Ma&olas.

Le salon du Prado, centre de la promenade élégante, est au bout de la grande rue d'Alcala, entre deux superbes fontaines qui font jaillir et bouillonner leurs eaux, à droite et à gauche, non pas de ces afiTreuses fontaines parisiennes, en zinc de pen* dule, mais de vrais fontaines^ des monuments grandioses tout en marbre blanc.

A droite c'est Cibèle, sur un char traîné par des lions, à gauche c'est Neptune, debout le trident à la main, sur une conque portant sur des roues à palette, comme en ont les bateaux à vapeur, et traînée par deux chevaux marins.

Les monuments de Madrid sont peu nombreux et les églises manquent absolument d'intérêt ; tout est moderne, il y a seulement, non loin de la puerta del Sol, une assez belle place à arcades, la Plaza Mayor^^ ornée de la statue de Philippe III qui la fit construire. Un de ses côtés est occupé par la Panaderia,

vieil édifice de la fin du seizième siècle, qui ne manque pas de caractère.

L'immense Palais-Royal, à Textrémité de la ville, sur une hauteur dominant le Manzanarès, est, comme tant d'autres palais, un énorme carré d'une majesté un peu ennuyeuse ; la cour d'entrée est assez belle, il est vrai que lorsque nous l'avons vue, elle était pleine de troupes : infanterie, cavalerie, artillerieé

C'était l'heure de la parade de la garde montante. Deux bataillons d'infanterie, des dragons, des lanciers, du traiin des équipages et deux batteries d'artillerie étaient rangés dans la cour pendant que les musiques donnaient l'aubade au roi. Après une demi-heure d'attente, la garde descendante quitta le palais d'une façon assez amusante, les musiques jouèrent une marche très lente et presque funèbre et toutes les troupes s'en furent l'arme au bras, tout doucement, levant les jambes avec une lenteur et une componction comiques.

A quinze pas du palais, changement à vue : sur un coup de clairon, les armes furent mises sur l'épaule, les fantassins allongèrent un pas accéléré tout joyeux, et la cavalerie prit le trot.

Quaut au Manzanarès, il avait de l'eau.

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Dertnt U caserne.

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