‹ Les vierges de RaphaëlChapitre 100 sur 226 · Passavant, t. I, p. 76, et t. II, p · texte numérisé non relu

Passavant, t. I, p. 76, et t. II, p

2. Treasures of arl in Gréai tirilain, by Dr Waagen, vol. Il, p. 26.

inclinations, se fortifie par l’étude des maîtres et par la contemplation de la nature , se préparant ainsi au grand travail qu’il va bientôt poursuivre à Borne dans des voies plus larges et sur un terrain plus vaste.

La Sainte Famille de la maison Canigiani a dans son ensemble un caractère saisissant, c’est la symétrie. Toutes les parties de cette composition se tiennent entre elles avec la rigueur d’une figure géométrique; elles pourraient être inscrites dans un triangle régulier formant une section pyramidale, dont la Vierge et S"- Élisabeth, agenouillées et opposées l’une à l’autre, occupent la base, et dont S1 Joseph est à la fois l’axe, le centre et le sommet. Entre les deux saintes femmes, l’enfant Jésus dans ses rapports avec le petit S1 Jean concentre sur lui l’intérêt religieux. Y a-t-il, dans la manière dont Raphaël a conçu son sujet, des liens étroits qui rattachent au passé ce tableau? Non. La symétrie est rigoureuse , cela est vrai ; mais l’harmonie qui en combine les éléments est plus rigoureuse encore et l’enveloppe comme d’un voile qui enlève toute aridité. Dans une telle géométrie tout est idéal, il n’y a pas d’angles, pas de lignes droites , l’œil suit sans efTort les contours qui se joignent, s’enlacent, se commandent et s’enchaînent avec une logique qui n’obéit qu’à la beauté. Raphaël n’a rien oublié des principes qui ont guidé ses premiers essais, mais il a conquis une science personnelle par laquelle il affirme son indépendance. Jamais,

nous l’avons dit, il ne revient sur ses pas, toujours il marche en avant, et il peut dire avec l’Apôtre : « Quand j’étais enfant, je parlais en enfant, je jugeais en enfant , je raisonnais en enfant ; mais lorsque je suis devenu homme, je me suis défait de tout ce qui était de l’enfant1. » Donc rien de moins archaïque que cette peinture, rien de moins sec, rien au contraire qui entre avec plus d’aisance dans les voies de la nature, sans abandonner celles de la tradition. Ces cinq figures sont vivantes, et cependant la vie intérieure transforme en elles la vie réelle, sans l’amoindrir ni la défigurer. Jésus est, au milieu du groupe divin, le foyer de la lumière, de la vérité, de la vie; il est la beauté par excellence, qui va se répandre et se donner au monde en rayonnant d’abord sur la Sainte Famille. L’Enfant échappe aux bras de sa Mère pour se révéler à son précurseur. Elisabeth est dans l’admiration. Marie et Joseph, qui connaissent le secret de Dieu, se recueillent, prient, mais ne s’étonnent point.

la Vierge, tournée à gauche et vue de trois quarts, est assise au milieu de la campagne *. Le pied droit, qui pose directement à terre, porte le poids de la figure; la jambe gauche est ramenée en arrière, de manière à faire du genou un point d’appui pour l’enfant Jésus. Tandis que l’index de la main gauche est

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