‹ Les vierges de RaphaëlChapitre 119 sur 226 · Isaïe, xl · texte numérisé non relu

Isaïe, xl

346 LES VIEIIUES DE RAIMIAEL.

croix de roseau, il fait voir de la main gauche commen! Jésus relève, en Marie-Madeleine, les consciences humiliées. C’est ce qu’Isaïe appelle « combler les vallées. » Malheureusement l’exécution ne répond pas à la pensée de Raphaël. L’élève a fait de son mieux pour saisir la pensée du maître, mais l'effort est trop apparent pour que l’idée même n’en soit point affectée. La tête, qui devrait être inspirée, n’est réellement qu’étonnée: les yeux, brillants et fixes, sont cherchés , mais sans être trouvés ; la bouche est trop riante pour avoir une grande autorité. Assurément il faut que le fils d’Élisabeth soit heureux à la vue de Jésus; mais ce n’est pas la joie des sens qui le doit posséder, c’est l’ivresse de l’âme. Cette figure se rapproche, par certains aspects, du S1 Jean de la Tribune, mais elle lui est de beaucoup inférieure1.

Un très-beau dessin, conservé dans la collection royale d’Angleterre, donne, pour la Vierge et pour S“ Élisabeth, des renseignements précis de la main de Raphaël *. La physionomie de la Vierge est pleine à la fois de douceur et de dignité. L’enfant Jésus et Marie-Madeleine ne sont qu’indiqués; le précurseur manque complètement dans ce dessin. On en a conclu que cette dernière figure, plus faible d’exécution que toutes les autres, avait été mise après coup, et que le

4. Le S‘ Jean de la Sainle Famille à la Perle appuie son pied gauche sur un banc de bois placé devant lui; sa jambe et son pied droits disparaissent derrière ce banc.

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