‹ Les vierges de RaphaëlChapitre 120 sur 226 · Ce dessin est lavé et rehaussé de blancs · texte numérisé non relu

Ce dessin est lavé et rehaussé de blancs

Sanzio ne l’avait même point dessinée. Cela ne saurait être. Tout se tient dans les compositions de Raphaël ; rien ne peut en être distrait ou ajouté, sans que l’équilibre général soit rompu. Si, dans la Sainte Famille dell' Impannata on enlève le S' Jean, on a aussitôt un vide, qu’il devient urgent de combler et qui ne peut avoir été laissé à dessein par Raphaël. Cette figure, au contraire, est admirablement conçue pour la place qu’elle occupe ; ses lignes font partie de l’harmonie générale ; elles sont nécessaires et ne sauraient être autrement disposées. Ainsi l’idée de ce tableau appartient tout entière et dans toutes ses parties à Raphaël. Si la Vierge trahit, par un peu de froideur et d’impassibilité, une main étrangère; si la S1' Élisabeth, malgré de grandes qualités de style, est un peu cherchée ; si Marie-Madeleine accuse également, sous une remarquable beauté1, une certaine mollesse et quelque indécision ; si les draperies n’ont pas la souplesse et la vie qu’on leur voit dans le dessin; si surtout le précurseur témoigne d’une véritable défaillance ; toutes ces faiblesses ne sont que dans l’exécution et ne sont pas telles en définitive qu’elles enlèvent à la pensée du maître sa simplicité, sa grandeur et sa véritable originalité. L’enfant Jésus, d’ailleurs, peint sans doute par Raphaël lui-même, suffirait à lui seul pour marquer la valeur d’une pareille œuvre. « Le Fils de Notre-Dame, dit Vasari, affecte

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