‹ Les vierges de RaphaëlChapitre 142 sur 226 · V. le Carleggio, t. II, p · texte numérisé non relu

V. le Carleggio, t. II, p

et une Sainte Famille, pensant que, devant ces chefsd’œuvre, toute résistance et tous scrupules devraient céder. Goro Gheri de Pistoja, chargé du gouvernement de Florence, écrit alors au dataire de Léon X, Baldassare Turini da Pescia, un des amis les plus intimes de Raphaël et qui devait être bientôt son exécuteur testamentaire :

« Florence, 25 mars 1518. — Je ferai part à Son Excellence le duc (Laurent de Médicis) de ce que vous me dites de la diligence que Raphaël d’Urbin met à travailler aux peintures commandées par Soii Excellence. Je sais que le duc l’apprendra avec beaucoup de plaisir. »

Quelques jours après, Laurent de Médicis revient avec insistance sur cette affaire, et Goro Gheri écrit de nouveau :

« 11 avril 1518. — Son Excellence le duc rappelle qu’on presse Raphaël d’Urbin de terminer le plus tôt possible les ouvrages qu’il fait pour Son Excellence, et moi je vous prie de le lui rappeler souvent.»

Quatre jours ne se passent pas sans qu’une lettre arrive encore au dataire de Léon X :

«( 15 avril 1518. — J’apprends, écrit Goro Gheri, ce que vous me dites touchant le S' Michel et la Notre- Dame que fait Raphaël d’Urbin, et Son Excellcncele duc l’apprendra avec beaucoup de plaisir. »

Le mois suivant les deux tableaux sont achevés, et Goro Gheri s’entend avec Baldassare Turini pour les faire expédier en France :

« 8 mai 1518. — Quant au travail de Raphaël d’Urbin, nous croyons qu’il sera bien de l'envoyer par mer jusqu’en Provence, comme c’est votre avis, parce que cela sera plus commode, moins cher et moins embarrassant. De là, nous donnerons ensuite des ordres sur ce que l’on en devra faire. »

Mais Léon X intervient. Il s’agit d’œuvres de Raphaël, et l’économie lui semble mal proposée. II se souvient d’ailleurs du désastre arrivé quelques mois avant au Spasimo1, et il s’oppose formellement au voyage par mer :

« 17 mai 1518. — Quant aux peintures, j’apprends, écrit Glieri, que Notre Seigneur veut qu’elles aillent par terre. Qu’on fasse donc selon le plaisir de Sa Sainteté. N’oubliez pas de rappeler à Raphaël qu’il les arrange lui-même et prenne les mesures nécessaires pour qu’elles ne puissent pas s’abîmer en route, surtout s’il pleuvait. »

Quelques jours après, Goro Gheri est informé que les deux tableaux ont quitté Rome :

« 3 juin 1518. — J’apprends, dit-il, ce que vous avez arrêté relativement aux peintures faites par Raphaël, et je n’ai rien à ajouter à ce sujet. Vous avez bien fait de les adresser aux Bartholini de Lyon, où l’en trouvera des ordres sur ce qu’il y aura à faire. » A peine Gheri a-t-il écrit ce billet que les tableaux arrivent à Florence. Aussitôt il envoie en France l’avis

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