‹ Les vierges de RaphaëlChapitre 144 sur 226 · S1 Bernard, In Xativ. H. V. Maria · texte numérisé non relu

S1 Bernard, In Xativ. H. V. Maria

LA VIER G H GLORIEUSE. 423

tir, s’effacent devant la parole même de Dieu. D’un mot le Christ institue son Église, avec la perpétuité de son enseignement et de ses exemples, avec l’immortalité de ses saints, vivant les uns des autres, se survivant à eux-mêmes, remplissant les degrés mystiques qui de la terre conduisent au ciel. La Vierge, au sommet de cette hiérarchie religieuse, commande à « la sainte milice que par son sang le Christ a laite son épouse '. » C’est par une femme que le monde s’était éloigné de Dieu, c’est par une femme aussi qu’il y revient. « Où avait abondé le péché. Dieu a fait surabonder la grâce5. » La Vierge est la nouvelle Eve ; elle est la Mère des chrétiens dans le sens le plus intime. « Selon la chair, dit S1 2 3 Augustin, Marie est Mère de Jésus-Christ, notre chef; et, selon l’esprit, elle est Mère de ses membres, c’est-à-dire de nous tous, parce qu’elle a coopéré par sa charité à la naissance des fidèles dans l’Église » Et comme l’Eglise honore les saints en raison de leur union avec Dieu, elle honore par-dessus tout la Vierge, mère de tous les saints. La Vierge domine donc toute la création. Aucun être humain ou angélique n’a été porté à une telle hauteur, et, à part le culte divin qui n’appartient qu’à Dieu, tout hommage lui est dû.

Telle est la Vierge glorieuse honorée par les saints, célébrée par les poètes, entrevue par les peintres. Nous l’avons suivie déjà pendant quinze siècles, au début

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