‹ Les vierges de RaphaëlChapitre 145 sur 226 · S1 Augustin, De Virg., cap. vi · texte numérisé non relu

S1 Augustin, De Virg., cap. vi

de cette étude, fortifiant sans interruption les âmes et les cœurs. Nous savons ce qu’elle a inspiré d’œuvres sublimes par la pensée mais variables par la forme, empruntées d’abord au paganisme et revêtues des derniers rayons de son antique splendeur, puis dégénérées et avilies au point d’être devenues presque repoussantes, pour se relever ensuite et jeter un si bel éclat pendant toute cette renaissance qui fut comme le réveil de l’Italie après de longs siècles de torpeur. Nous allons voir comment Raphaël s’empare à son tour de cette grande idée, en est dominé sans en être accablé, et la développe dans une série de tableaux qui signalent toutes les phases de sa vie par les inspirations les plus vives, les plus simples et les plus grandioses. C’est ainsi que nous étudierons tour à tour: la Vierge de Saint-Nicolas de Tolentino, la Vierge entre S' Jérôme et S1 François, la Vierge de la famille Ansidei, la Vierge du couvent de Saint-Antoine de Padoue, la Vierge au Baldaquin, la Vierge de Foligno, la Vierge au Poisson, les saints et les saintes auxquels les contemporains de Raphaël avait voué un culte de prédilection à côté de la Vierge , enfin la Vierge de Saint-Sixte.

LA VIERGE GLORIEUSE

LA VIERGE DE SAINT-NICOLAS DE TOLENTINO. (Le dessin de ce tableau est au musée de Lille. J

On lit dans Y Histoire de la Peinture en Italie , par l’abbé Lanzi 1 : « J’ai entendu dire, à Cittàdi Castello, que Raphaël, à l’âge de dix-sept ans, peignit le tableau deSaint-N’icolas deTolentinoauxEremitani. Le style de cette peinture était celui de l’école de Pérouse; mais la composition s’écartait de celles qui étaient alors généralement en usage, et ne représentait pas la Vierge assise sur un trône, avec des saints debout autour d’elle. Raphaël avait montré ce saint au moment où la Vierge et S1 Augustin, voilés en partie par des nuages, vont poser une couronne sur son front. A droite et à gauche deux anges, d’une beauté divine, déroulaient des banderoles sur lesquelles étaient écrites les louanges de S1 Nicolas. Au sommet se trouvait le Père éternel, environné d’une gloire formée de chérubins. Tous ces personnages étaient placés dans une sorte de temple orné de pilastres, dont les détails minutieux rappelaient la manière de Mantegna. Jxs plis des draperies offraient le mélange de l’ancien goût et d’un goût plus correct. Le démon, terrassé sous les pieds du saint, n’avait pas

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