‹ Les vierges de RaphaëlChapitre 16 sur 226 · LA VIERGE DG PALAIS TEMPI · texte numérisé non relu

LA VIERGE DG PALAIS TEMPI

(A la pinacothèque de Munich).

Dans la Vierge du palais Tempi, Raphaël s’est élevé au plus haut degré du pathétique et de la compassion religieuse. Jésus, dans les bras de sa Mère, porte vers l’humanité son regard divin. Il voit les ini-

quités du monde, il en souffre et ne s’en détourne pas, car c’est pour les racheter qu’il s’est fait homme. De son côté, la Vierge, éclairée sur la mission de son Fils, est saisie pour lui d’un redoublement d’amour et le presse étroitement dans ses bras. Elle rapproche de son cœur et de ses lèvres cet enfant divin -consacré pour le sacrifice, elle l’entoure d’adorations, le couvre de caresses, et la plus ardente des prières se mêle au plus tendre des baisers. La Vierge enseigne ainsi à toutes les mères comment elles doivent aimer leurs enfants, accepter leurs douleurs, se soumettre même à l’idée de leur mort. « Mères chrétiennes, apprenez que vos enfants vous seront des croix'! » Il n’y a pas d’enseignement plus grand, donné avec une autorité plus douce et plus pénétrante à la fois.

La Vierge est debout1, vêtue d’une robe rouge à manches jaunes’, et d’un manteau bleu doublé de vert4. Ce manteau, ramené sur la tête en forme de capuchon, tombe derrière le dos, passe sur le bras gauche et enveloppe le bas de la figure de plis largement disposés et d’un ton vigoureux. Un voile blanc, jeté sur les cheveux et en partie couvert par le

Page 1