‹ Les vierges de RaphaëlChapitre 168 sur 226 · E la mia Donna piena di letizia · texte numérisé non relu

E la mia Donna piena di letizia

Mi disse : Mira, mira : ecco’l barone,

Per cui laggiù si visita Galizia1.

(Dante, Paradiso, canto xxv, v. 16.)

LA VIERGE GLORIEUSE

moyen âge avait enveloppé son histoire. 11 n’en a rien fait. Il n'a cherché que l’apôtre auquel le Christ avait dit : « Vous boirez mon calice1, » et qui, après avoir touché Jésus de si près par sa naissance, s’en est approché de plus près par sa mort... Les apôtres, un jour, disputaient entre eux pour savoir lequel était le plus grand; et Jésus-Christ, leur montrant un enfant, leur dit : « Si vous ne devenez comme de petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des deux1. » Raphaël, chaque fois que son sujet le mène vers les apôtres, semble avoir présente devant lui cette parole du Sauveur. Toujours, h ces grandes personnifications de la foi, il tâche de communiquer la naïveté, la droiture, la simplicité, qui donnent au regard de l’enfance une si étrange profondeur de fascination. Pour atteindre le but complètement, les moyens lui manquent encore à Florence, et les indications de Fra Bartolommeo ne lui suffisent pas. Bientôt, à Rome , de nouvelles lumières le viendront éclairer et lui permettront, en simplifiant toujours, d’arriver à la perfection même.

S‘ Pierre est sur le premier plan du côté opposé. Il est vêtu, comme S' Jacques, d’une tunique longue et d’un manteau qui tombe de l’épaule droite et enveloppe seulement le bas de la figure. De la main droite, ramenée contre la poitrine, il tient les clefs du paradis, et de la main gauche, pendant le long du corps, il porte

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