LES CINQ SAINTS
Outre les Vierges glorieuses qu’il peignait de sa main, Raphaël, en s’inspirant de la même pensée, répandait à chaque instant autour de lui des dessins dont se servaient ses élèves, soit pour les reproduire par le burin, soit pour en faire des tableaux. Tel est le dessin connu sous le nom des Cinq Saints, dont Marc-Antoine a fait une estampe célèbre et dont un des élèves de Raphaël a fait un tableau.
« La Vierge, dit Gerson, est notre médiatrice; c’est par ses mains que Dieu a voulu que passât tout ce qu’il donne à la nature humaine. » Cette vérité chrétienne, sur laquelle repose tout le culte de Marie, Raphaël la démontre de nouveau dans une composition mystique, où il fait intervenir, outre le Sauveur et la Vierge, S' Jean-Baptiste. S' Paul et S1* Catherine d’Alexandrie. Pour bien comprendre la pensée du Sanzio, plaçons-nous d’abord vis-à-vis de cette pensée même, c’est-à-dire devant le dessin du musée du Louvre.
Jésus-Christ ressuscité est assis dans le ciel au
4 . Le dessin original des Cinq Saints est au musée du Louvre. Il est fait à la plume, lavé au bistre et rehaussé de blancs. Il a beaucoup souffert, et si les contours demeurent intacts, le lavis et les blancs ont été retouchés.
5t>4 LES VIERGES DE RAPHAËL
milieu des nuages. Il apparaît de face, élevant ses mains transpercées. Son manteau, tombé sur le< membres inférieurs, découvre tout le torse et laisse voir au côté la plaie béante encore. Le mouvement général est plein de grandeur; le geste des bras est majestueux ; le dessin des jambes s’accuse sans indécision sous la draperie. La tête est belle, jeune, idéale. Toute la figure rayonne d’une gloire pure et d'une jeunesse éternelle. — La Vierge est à gauche \ assise aussi sur les nuées, le corps et la tête humblement inclinés vers son Fils. La main gauche posée en signe de dévouement contre sa poitrine, et la main droite étendue vers la terre, elle s’offre à Dieu dans le ciel, comme elle s’est offerte à lui sur la terre au jour de l’Annonciation. Sa tête, tendue vers Jésus, est vue de profil à droite, et ses traits sont d’une grande ferveur. Une longue draperie qui part des cheveux s’arrondit derrière le dos et vient, par-dessus la robe, couvrir les jambes sans en dérober le mouvement. La grâce et la force caractérisent cette figure, et donnent un accent sublime à son intercession. — S' Jean-Baptiste, assis de l’autre côté du Christ *, regarde le spectateur en lui montrant le Fils de Dieu3. Cette troisième
<. A gaucho du spectateur, c’est-à-dire à la droite du Sauveur.