I. BossiiPt. Panégyrique de S1' Catherine d’ Alexandrie
Celte voie est premièrement l’humilité; secondement l’humilité; troisièmement l’humilité; et autant de fois que vous m’interrogerez, je vous dirai l’humilité. » Le monde ancien reposait sur l’orgueil , atnoi sut usque ad contemplum Dei; le monde nouveau repose sur l’humilité, amor Dei usipte ad contemplum sui. Voilà ce que S'* Catherine a démontré aux docteurs d’Alexandrie , et voilà pourquoi ils l’ont fait mourir.
Ce tableau est d’une exécution libre, vive, spirituelle, sans rien de tendu. La couleur, transparente et sans empâtement, laisse voir encore le trait et les hachures dessinés à la plume sur le panneau recouvert de craie. Il semble que Jîaphaël n’ait pas eu le temps de mettre la dernière main à cette peinture, faite toute de verve après avoir été très-sérieusement méditée. Aussi pourrait-on signaler certaines lacunes qui ne sont pas dans le dessin : le mouvement renversé de la tète et le raccourci qu’il entraîne sont mieux sentis, par exemple, dans le carton que dans le tableau. Mais le charme n’est pas rompu pour cela dans la peinture. La sainte n’en respire pas moins la paix el l’enthousiasme. La lumière du ciel l’environne tout entière et rayonne principalement sur la face. Les couleurs du fond sont également douces. Dans une perspective de paysage où tout est calme et recueilli, on aperçoit des prairies, de l’eau, des arbres, des fabriques, des montagnes; l’air est pur et embaumé, l’ombre tranquille; tout, dans la nature, est en par-
LA VIERGE GLORIEUSE
fait accord avec celte âme chaste et véritablement sainte \