Virgile, Égloguc iv, v
à tous et que nous sommes aussi fils de Dieu*. Le pied gauche posé sur le genou de la Madone, Jésus saisit la robe de la main droite, s’appuie de la main gauche sur l 'épaule de Marie et par ce triple effort se lève et se dirige vers le sein maternel. Mais si le premier mouvement de son corps est pour la Vierge, le premier élan de son cœur est pour l’humanité, et, tournant vivement la tête vers nous, il nous regarde avec un naïf abandon. Quiconque aime les enfants, se sent remué profondément par les enfants de Raphaël. L’exécution de cette petite figure est de tout point remarquable. Le modelé des chairs est ravissant, leur coloration est éclatante et triomphe même des fraîches couleurs qui parent la figure de la Vierge. Quoi de plus délicat et de plus inattendu comme effet que les ombres projetées par le bras de Jésus sur la robe rose de Marie? Quelle belle interprétation de la nature ! Comme on sent bien que ce petit corps vient de puiser des forces dans le sommeil, et que le Sauveur en se réveillant apporte à la vie des facultés nouvelles de souffrir et d’aimer! «Grandis donc pour ces magnifiques honneurs, cher enfant des dieux, glorieux rejeton de Jupiter; les temps vont venir! Vois le monde s’agiter sur son axe incliné; vois la terre, les mers, les cieux profonds, vois comme tout tressaille de joie à l’approche de ce siècle fortuné’...»