‹ Les vierges de RaphaëlChapitre 5 sur 226 · Directeur du musée royal de Madrid · texte numérisé non relu

Directeur du musée royal de Madrid

et il est surnaturel aussi par son intelligence. En présence de cette figure, on peut dire avec S' Anselme : « Que l’esprit comprenne, contemple et admire'. »

La nature elle-même, où tout frémit aux premiers souffles du printemps, parle et prend une voix. Des montagnes de l’horizon, couvertes encore de neige, sort une source qui bientôt devient une rivière. Des collines succèdent aux montagnes, et des prairies font suite aux collines. Quelques arbres se dressent çà et là, prêts à fleurir, mais encore en partie dépouillés. Une barque s’abandonne au cours de l’eau; tandis que sur la rive chemine un cavalier. On respire avec bonheur au milieu de celte campagne heureuse, paisible, bien ouverte. Le ciel est d’une limpidité parfaite. L’air, transparent et léger, laisse apercevoir les plus fines branches et jusqu’aux moindres brins d’herbe. Tout est net, clair, rempli d’harmonie. La grâce a soumis la nature. Les yeux admirent un si bel arrangement, et s’étonnent de trouver dans un si petit cadre de si vastes perspectives.

Le champ de cette peinture est en effet très-petit. Il est circonscrit dans une circonférence de cercle dont le diamètre n’excède pas seize à dix-sept centimètres1.

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