Vasari, t. VIII, p
nière appartient à l’année 1507 et non pas à l’année 1508. Quand on considère avec attention et toutes preuves en main l’œuvre de Raphaël, on constate incessamment et à n’en pouvoir douter des dissemblances, qui sont toujours des progrès, jamais des apostasies, et qui se produisent graduellement, nonseulement d’année en année, mais de mois en mois, presque de jour en jour. Jamais Raphaël, après avoir fait un pas en avant, ne revient en arrière. C’est là une vérité incontestable pour quiconque a étudié le Sanzio. Dès lors il est inadmissible que, après avoir peint la Vierge de la maison Colonna au commencement de 15081, Raphaël ait peint ensuite la Belle Jardinière. La Belle Jardinière résume tous les progrès accomplis, toutes les conquêtes faites successivement par Raphaël à Urbin, à Pérouse et à Florence. La couleur et le dessin, tout s’accorde délicieusement en elle. Naïve, candide, touchante au point de vue de la foi et sans affectation au point de vue de la vérité pittoresque, belle de son innocence et de sa grâce pudique, semblable aux fleurs des champs dont elle est entourée, on peut la regarder comme l’expression la plus achevée de cette science acquise dans le commerce de la nature et dans la fréquentation des maîtres. Elle démontre surtout un sentiment personnel, toujours nouveau quoique toujours identique à lui-même, et contenu encore dans les limites un peu resserrées de