‹ Les vierges de RaphaëlChapitre 60 sur 226 · V. au musée du Louvre, ta Vierge au Diadème · texte numérisé non relu

V. au musée du Louvre, ta Vierge au Diadème

presque entièrement cachés par le manteau bleu, qui descend du sommet de la tête sur les épaules et enveloppe tout le bas de la figure. La robe, d’un rouge pâle, dégage le cou et s’attache par devant; elle recouvre une tunique jaune qui paraît sur le haut de la poitrine et sur le bras droit1. On reconnaît dans ces peintures1 l’influence directe de Raphaël. La candeur divine et la grâce toute spontanée qui se retrouvent à des degrés divers dans le carton et dans les différents tableaux lui appartiennent en propre. Nul autre n’a montré avec cette poésie claire et sereine que la pudeur est la vertu essentielle de la femme et le charme nécessaire de sa beauté. « La grâce qui surpasse toute grâce, c’est la femme sainte et pudique... Gratia super graliam, inulier sancta et pudorata3. »

Le petit S* Jean, qui se presse avec tant de bonheur contre la Vierge, porte aussi, à n’en pouvoir douter, la marque du génie de Raphaël. Le jeune précurseur, agenouillé près de Marie, adopté par elle, aimé par elle comme un autre fils et doublement heureux de cet amour et de cette adoption, tourne sa tête de face vers le spectateur, le regarde, lui sourit, et, désignant Jésus, semble dire : « Voici l’Agneau de Dieu, voici Celui qui ôte les péchés du monde... »

4. La manche de la robe rouge ne vient que jusqu’au coude. Du coude au poignet se voit la manche de la tunique jaune.

2. Nous parlons des différents tableaux de la Vierge au Voile que nous avons mentionnés déjà.

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