‹ Les vierges de RaphaëlChapitre 7 sur 226 · LA VI ERG E DU GRAND-DUC DE TOSCANE · texte numérisé non relu

LA VI ERG E DU GRAND-DUC DE TOSCANE

(Dans la galerie Pitii, à Florence).

De l’année 1502 ou 1503, à laquelle on peut rapporter la Vierge Connestabile, nous passons tout à coup à la fm de l’année 1504, et peut-être même au commencement de l’année 1505. Dans cet intervalle de deux ans, n’existe-t-il aucune Madone qui montre les progrès constants, la marche rapidement ascendante du Sanzio? Comme tableau, rien encore de parfaitement authentique n’est venu nous éclairer. Mais

les dessins ne manquent pas; ils prouvent que Ra-

4. Pictro Mocchi a gravé en 1824 la Vierge Connestabile, en grandeur de l’original. — On voit à Pérouse deux anciennes copies de celte Vierge. L'une se trouve dans la maison Baglioni, l’autre dans la collection délia Penna. — En 1817, P. Caronni a gravé une autre copie tirée de la maison Oggioni, à Milan. — Th. Richomtne a gravé la copie de Sassoferrato, que possède le musée du Louvre. Cette répétition de Sassoferrato n’est pas du tout dans l’esprit du tableau original.

phaël revenait à chaque instant vers la Vierge , et qu’il nourrissait sa pensée des plus fortes études. Toutes les grandes collections de l’Europe possèdent quelques-uns de ces témoignages, et il est probable que des tableaux encore ignorés et appartenant à cette époque (1500-1504) viendront un jour éclairer cette partie encore obscure de la vie du Sanzio. En attendant ces tableaux, regardons attentivement les dessins1. Plusieurs d’entre eux continuent, en la perfectionnant encore, l’idée des Madones de la collection Sollv et de la maison StalTa. On retrouve à chaque instant, dans ces nombreux croquis, la Vierge partagée entre l’attention qu’elle accorde à ses lectures et les soins qu’elle donne à son fils. Deux exemples suffiront ici pour faire voir comment Raphaël élevait chaque jour sa pensée.

Un dessin conservé à Vienne, dans la collection Albertine, montre la Vierge avec l’enfant Jésus assis devant elle1. Marie a posé son livre sur une table; la main gauche s’appuie sur les pages ouvertes, et la main droite présente au Sauveur une grenade, emblème de fécondité spirituelle. Rien de plus religieux que l'intention de ces deux figures s, dont les

1. V. en France, au musée du Louvre; en Angleterre, dans la collection d'Oxford, et dans celle du duc de Devonshirp à Chatsworth: à Vienne, dans la collection Albertine; à Florence, dans la galerie des Offices; etc., etc., etc.

2. Ce dessin est esquissé au fusain et terminé à la pierre noire. Il a appartenu à Julien de Parme et au prince de Ligne.

Page 1