I . Lacordaire, Lettres à des jeunes gens, p
un de ses bras 1 sous le bras de sa Mère, et, avançant l’autre bras vers le précurseur, il s’empare de la croix. Penchant en même temps sa tète vers S1 Jean et le regardant avec bonté, il lui montre l’image du gibet sur lequel il mourra en esclave pour conquérir le monde à la liberté. On voit, on comprend Jésus dans sa divinité « L’amour est patient, dit l’apôtre, il est doux... » Et le Fils de Dieu apparaît ici plein de douceur, en même temps que d’autorité. Cette figure du Sauveur est toute trouvée déjà dans le dessin du musée de Lille*. Cependant la tête, sur laquelle les cheveux sont à peine visibles dans le croquis de la collection Wicar, est coiffée d’une abondante chevelure blonde et bouclée dans le tableau. Les traits du visage, d’une intensité de sentiment surprenante dans le dessin, gagnent encore en beauté pure dans l’œuvre définitive. Le regard plonge profondément dans les yeux de S* Jean, et la bouche garde une gravité pleine de douceur et de calme. L’enfant Jésus voit, dans le petit S' Jean, tous les hommes pour lesquels il va bientôt donner son sang, et son visage s’illumine d’une expression surhumaine, qui n’est ni la tristesse ni la joie, ni le rire ni les larmes, mais qui est véritablement l’amour. On retrouve sur la face de cet Enfant la même poésie qui rayonne sur la face de sa Mère, mais plus vive et plus saisissante encore dans Jésus que dans Marie. Jésus