‹ Les vierges de RaphaëlChapitre 72 sur 226 · I. Dante, Purgatorio, canto xviii, v · texte numérisé non relu

I. Dante, Purgatorio, canto xviii, v

rivière, dont les eaux reflètent la limpidité du ciel, traverse et rafraîchit cet admirable pays1 2; et le bleu vif des hautes montagnes 5 du fond tranche avec l’horizon, qui pâlit comme au déclin d’un beau jour. On pense de suite à la vallée du Tibre et à tous ces beaux sites, familiers à Raphaël et immortalisés par Poussin. Un air de fête règne sur cette austère nature. L’atmosphère est pure, le jour est radieux, le ciel, où flottent quelques flocons légers de nuages blancs, est d’une grande sérénité, et l’âme ravie voit, dans la lumière du soleil, une image de la lumière divine. En contemplant le calme de ces horizons qui paraissent ne pas finir, on souhaite une vie semblable h cette belle journée.

Ce tableau a beaucoup souffert et n’est presque plus qu’une ruine; mais la fraîcheur de l’idée a triomphé de toutes les altérations. Les dimensions sont très- heureusement choisies : les figures ne sont ni petites ni grandes et n’ont rien de mesquin ; matériellement inférieures à la nature et moralement beaucoup plus importantes, elles sont pardessus tout harmonieuses et charmantes. De malencontreuses retouches les ont atteintes et elles sont repeintes en partie; cependant la coloration gé-

1. A droite, quelques maisons rustiques sont paisiblement assises au bord de l’eau; un petit bois leur répond de l’autre côté, et derrière ce bois quelques fabriques se dressent sur un piédestal de verdure adossé à un monticule vert.

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