Celte draperie est d’un gris tirant au jaune
4. Bossuet, Deuxieme sermon sur la Compassion de la Sainte Vierge.
sont d’une pureté de lignes qui éloigne toute comparaison et défie tout modèle. « Il y a une sympathie intime entre la pureté, la vérité et la beauté : ce qu’il y a de plus pur est essentiellement ce qu’il y a de plus vrai et ce qu’il y a de plus beau*... » L’ajustement de cette figure est exquis, très-simple cependant. Une robe, rose dans les parties claires et rouge dans les ombres, enveloppe tout le corps, en dégageant le cou jusqu’à la naissance des épaules*. Par-dessus cette robe, une tunique bleue, attachée sur l’épaule gauche et nouée à la taille, passe en biais sur la poitrine, dont elle couvre la partie gauche, et tombe jusqu’à terre, en cachant presque entièrement les membres inférieurs1 2 3. Ce vêtement est-il dans le goût de l’antique, ou bien est-il conforme à la réalité contemporaine du Sanzio? Je ne sais. Il porte surtout l’empreinte d’un grand style, et s’il tient à la vie du xvie siècle, il relève également de la tradition classique. D’ailleurs quoi de plus élémentaire? Rien n’est cherché dans la forme, et les couleurs sont d’un ton qui n’a rien d’éclatant. Mais tout concourt à l’harmonie. Le rouge, le bleu, le jaune, confondent dans un accord parfait leurs noies particulières. La tunique bleue subit l'influence du voisinage de la robe rouge : elle vire au lilas dans les lumières, au violet dans les ombres, et la draperie