‹ Les vierges de RaphaëlChapitre 79 sur 226 · La rohe rouge ne parait que sur la jambe gauche · texte numérisé non relu

La rohe rouge ne parait que sur la jambe gauche

jaune clair qui part du diadème bleu prend, en touchant l’épaule gauche, la transparence d’un voile blanc. Raphaël, dans cette Vierge, n’a copié aucune réalité vivante; c’est du fond de son âme qu’il a tiré son idée. Il savait que la Vierge est la plus belle en même temps que la plus sainte des créatures, que, depuis la fleur des champs jusqu’au séraphin, rien n’est aussi beau qu’elle; qu’au-dessus d’elle il n’y a que le Beau infini et créateur qui a été le fruit de sa virginité. Il le savait , et il l’a exprimé comme personne avant lui ne l’avait fait, comme personne après lui ne le fera jamais.

Le petit S' Jean reflète une poésie plus humaine, mais non moins religieuse. Agenouillé à côté de la Vierge, sur laquelle il s’appuie de son bras droit, il joint les mains avec ravissement en présence du Sauveur. Ses membres sont robustes, et la coloration de ses chairs est vigoureuse1 2. Il y a là, le germe d’un homme créé pour la lutte et pour la vérité. La tête, coiffée d’une abondante chevelure*, est de profil à gauche. A la vue de Jésus, l’àme du précurseur s’élance avec amour, déborde et se répand en accents joyeux. « Celui qui n’aime point ne connaît point Dieu, car Dieu est amour3. » L’œil fixe, brillant, est comme ébloui par l’éclat de la beauté divine. La

1. Une toison, découpée en forme de tunique, passe sur les épaules et enveloppe le corps, en découvrant les bras et les cuisses.

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