Évangiles apocryphes
ront en mon nom ! » L’ange üu Seigneur paraît, prend au palmier une de ses branches et l’emporte dans le ciel.
Les miracles , quelque séduisants qu’ils soient, ont le tort, quand ils ne subjuguent pas notre esprit, de l’égarer et de lui faire perdre de vue la vérité morale du sujet qu’ils veulent glorifier. C’est précisément ce que font les prodiges accumulés dans les livres apocryphes. Ils éloignent de la Sainte Famille simple et vraie que montre l’Evangile, pour y substituer un petit dieu de convention, fertile en prodiges et prolixe en miracles. Au milieu de cet amas de légendes, on oublie presque l’humanité du Verbe et la réalité des rapports qui lient Jésus à. Marie et à Joseph. Jésus n’est plus cet enfant faible et nu, dépourvu de tout, qui n’a d’autre soutien que la patience de Joseph, d’autre refuge que les bras de Marie, et auquel la Vierge peut dire avec le prophète : « C’est moi qui t’ai fait , moi qui t’enlèverai, moi qui te porterai, moi qui te sauverai'. » Il n’est plus le Fils, il devient le maître, le dominateur et souvent le tyran*. Pourquoi fausser ainsi la lettre et dénaturer le sens des livres saints? Ils disent expressément que Jésus-Christ fit son premier miracle aux noces de Cana. A quoi bon chercher au delà? Le grand prodige de l’enfance de Jésus c’est cette enfance même, c’est Dieu fait homme dans les bras de la Vierge-mère. Comment l’esprit humain,