‹ Les vies closesChapitre 22 sur 64 · LES VIES I L08BI · texte numérisé non relu

LES VIES I L08BI

il faudrait qu'il se rencontrât une Ame qui voulut bien s'incliner vers son inférieure, une Ame forte <|iii pliai le genou devant la plus faible, non pour l'adorer, mais pou r la servir, la consoler, la garder, comme on fait pour un malade '. »

A la lin <lrs Ion-né- vacances qui suivirent sa sortie du collège, Guérin, toujours indécis, repartit pour Paris sous le prétexte d'y faire son droit : mais il n'avait aucun goût pour les études juridiques dont l'aridité et le coté pratique rebutaient sa nature toute de rêve. En février 1832, il écrivait à sa sœur que, profitant de la loi du divorce, il avait tout à fait rompu avec le droit. Sa principale étude avait alors consisté surtout;! se tenir au courant du mouvement littéraire de époque.

Il s'analysait déjà sans cesse, mais il ne se comprenait pas. Une tristesse lente et poignante s'était imprégnée en lui. L'espoir s'était obscurci dans sa pensée ; l'angoisse et la peur, conséquences de je ne sais quelle fièvre intérieure, le saisissaient. A l'âge où les mots de succès et de victoire résonnent si doucement à l'esprit, il se désolait de ne pouvoir compter les diverses phases de sa carrière par des résultats acquis. Son esprit s'épuisait à interroger les lendemains ignorés. Son cœur se repliait, frappé par la multitude de ses

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