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Tonnelè, Réflexions et pensées diverses, p

kLFRED TONNELI i. 10.*J

Quand, après avoir quitté Paris, il s'en revint chez lui dans cette propriété de la Galanderie, sise au bord de la Loire, et qu'il aimait tant, la musique devinl sa distraction, sa consolation favorite. 1! la sentait admirablement, trouvant qu'elle étail « le plus merveilleux mode de l'art d'exprimer l'âme el la pensée ». Certaines notes, en effet, saisissent el redisent un peu les côtés mystérieux « de tout le vague des passions » que l'on n'arrivera jamais à exprimer. Il passait souvent une part deses nuits, en compagnie de ses musiciens préférés: les maîtres classiques avaient toute son admiration ; le recueillement de la nuit le charmai! invinciblement, et il lui semblait qu'une faugue de Bach, qu'une rêverie de Schubert, qu'un nocturne de Haydn, qu'un récil biblique de Haendel, qu'une sonate de Beethoven, qu'un opéra de -Mo/art résonnaient plus délicieusement dans le silence et le calme du soir. I! s'exaltait par cette fréquentation passionnée des maîtres de la musique" il se grisait d'harmonie, sans voir que cette exaltation brisait ses forces, et qu'au lendemain de pareilles jouissances, il se levait plus las et moins résistant. Ce furent les seuls excès de cette existence essentiellement pondérée et calme, où la raison restait toujours maitresse.

Chaque année, Alfred Tonnelle consacrait plusieurs mois à voyager : il aimait passionnément les voyages ! N'est-ce pas un goût un peu maladif mais

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bien humain <|n<' ce besoin, ce désir de s'agiter, de partir, de voir, de se sentir ailleurs. C'est <|u<' l'homme est d'humeur bien inquiète et D'arrivé pas, malgré l<»n- ses efforts, à combler la mesure de certains désirs inconnus qui germent en perpétuité au plus profond de son être, Tonnelle avail la passion de voir. Assurément le tiel <!<• Dieu est partout, et pourqui voudrait se contenter des horizons qu'il connaît sans en chercher d'autres, il y trouverait encore à contempler longuement et à admirer sans cesse. Ceux-là peut-être admirent l«' mieux cl jouissent davantage, dont l«i regard toujours ému sait détailler et comprendre ce qui les entoure.

Tonnelle se sentait attiré de mille côtés à la fois, et que de pays lointains presque fabuleux, où Dieu a semé des merveilles, le faisaient obstinément rêver! Il ne partait pas à l'aventure cependant, et préparait longuement ses voyages par le travail. 11 se rendit tour à tour en Allemagne, en Suisse, en Autriche, admirant les paysages et s'arrêtant de longs moments, de longues journées parfois dans les musées des grande- capitales : la beauté artistique le fascinait et semblait exercer sur lui un empire irrésistible. En parcourant l'Allemagne, il se laissa charmer aussi par la poésie délicieuse et touchante des iieders, ces poèmes populaires, si pleins de sentiment, si intenses d'expression et de couleur locale. 11 voulait faire

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connaître en France toul ce côté de la littérature

allemande, niais d'autres études survinrent et sa

tentative fui oubliée. <m a conservé quelques traductions en versde ces lieders : il y a tanl de siniplicité, tant de grâce tendre et rêveuse dans ces traductions, qu'il faut regretter L'inexécution du projet, cher un instant à Tonnelle. lia particulièremenl bien rendu cette jolie ballade du roi de Thulê que tout le monde connaît, et que, par un senti-

menl de prédilection, Gœthe a voulu placer sur les

levresdesaMarguerite.il profite en L857 de l'exposition de Manchester pour aller en Angleterre. Il s'arrête à Douvres, traverse Cantorbéry, la ville ancienne, toute remplie des souvenirs du moyen âge, dominée par sa magnifique cathédrale : il n'admire pas assez cette merveille, et lui préfère la cathédrale gothique de Pétersbourgh, son cloître, ses arceaux d'ogive, son portique « sons les voûtes duquel nichent les oiseaux, comme s'ils y trouvaient aussi l'image des grands bois ». Il remarque avec intérêt la riehe campagne des comtés anglais, les cultures de houblon qui animent le territoire du Kent, les pâturages un peu uniformes des différentes provinces, les pelouses Immenses qui entourent à perte de vue les châteaux anglais, « ces parcs soignés, coquets, frisés, égayés seulement de quelques bouquets d'arbres. Cet assujé- Lissemenl pour ainsi dire domestique de la nature le surprend, et il se* demande où trouver dans ce

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de cette \ ie de la nature, el de ce Irat ail ii rieur puissant, qui enivrail Pausl «lui >ntem-

plation? I !p mi il»- lui h (•• -1,1. I \ • de nal ure : «'I le n'a qu'une campagne, loul au [ un paysage.

Il admire ;i Liverpool l'estuaire de la M encombré de navires se croisa ni «lui- tous -'■H-. L'Angleterre ne doit-elle pas tout< deur .1 cet I >céan qui bai - i toutes parts, M que du haul de a a >tes elle tient dompté? Il Paul lire ses appréciations sur Cambridge, la ville universitaire, sur Londres dont l'aspect singulier, dont les musées surtout, I frappé: • ■( ceux qui • • 1 1 1 vu les mêmes lieux que lui. trouveront exprim s nsces] s sous une ] forme originale, brillante et simple a la fois, 1 meilleures Impressions.

Aucun \ t'enthousiasma Tonnelle comnw

>;i Longue excursion dans l<i- Pvrénées ••[ dans le Midi. Il l'entreprit en ls"v. quelques m quelques semaines avant de mourir, »'t plus obsédé que jamais de ce qu'il nomme l'illusion »lu lointain, d'une vie différente meilleure à ti ver autre pari . Il lit de haute- <-t curieus ascensions dans les montagnes. Il descendit jusque sur le versant espagnol de? IV s, jusqu'à

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LTpgel : il ne se lassail pas de repaître ses yeux « (Je ces magnifiques nuances, de ces manteaux royaux cl de celte pourpre divine jetée sur le dos «les montagnes». Dans ces monts de Catalogne u sous cette lumière chaude et vaporeuse du Midi », ses pensées revenaient à leur pente naturelle.

Il faut un peu de solitude et d^ recueillement pour se pénétrer du sentiment d'élévation e1 de paix sublime qu'inspirent ces hauteurs. " Parfois, ;m milieu d'une description de voyage, sous l'empire d'une émotion plus vive au milieu même de détails puérils, il jette pôle-môle quelque page à hi Pascal, admirablement frappée et profonde. II descendit jusqu'à la Méditerranée, par la vallée du Tech : c'est alors qu'il eut L'apparition du Midi, et qu'il comprit « la volupté physique el esthétique de ces climats •>.

L'azur délicat de la Méditerranée, «le cette mer qui est vraiment « le cœuret le charme du momie », le frappa comme un « pressentiment ». Cette vision bleue et ardente reporta son Imagination vers la Grèce on il voulait aller étudier la beauté antique, vers l'Orient, et vers tous ces pays qu'il souhaitait de parcourir. Songes d'Orient, de pays aux maisons blanches, au ciel inexorablement bleu et profond, songes du déserl illimité où passent les caravanes, où les nuits sont radieuses, où croissent les roses de Jéricho, ces fleurettes mystérieuses (jui donnent L'illusion de quelque brin

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desséché, mais <|ui s'en tr 'ouvrent -mu- lu rosée, H procurent au passant la joie délicieuse de voir un cœur s'ouvrir. Songea du Nord, de paya aux solitaires, aux fjords découpés el majestueux, aux brumes poétiques, aux forêts secrètes et terribles d'ombres. Songes <!•• la mer sous Bes mille apparences, de In mer calme et I aux regards coquets et câlins, de la mer furibonde, domii de blanches falaises, ou tapissée de sables d'or. Songes d'inconnu en un mot, pourquoi l'envahissiez-vous, pourquoi veniez-voua le torturerel le charmer à la fois .'

Et lui, si calme, si froid, si maître de ses impressions qu'il metlail d'abord au contrôle de sa raison avant de les accepter, il passait de loi instants a>sis au-dessus de l'eau bleue de la Méditerranée, ■• aspirant par Ions les pures la Lumière, l'air, la mer. la beauté, la caresse de toute la nature ». Il restait si absorbé dans sa contemplation, qu'une jeune espagnole, passant un jour auprès de lui, lui lança cette phrase provocante et jalouse, peut-être : <• Vous êtes donc amoureux de la mer? »Il alla par étapes à Marseille : il y devient soutirant, et les premières langueurs du mal qui devait l'emporter l'arrêtent déjà et entravent sa route. 11 ressent le désir de revoir son h oui'' en passant il s'arrête à Arles, à Orange, à Lyon, il touche Roanne, où, comme il le dit. sa Loire est déjà un joli petit fleuve et, le 28 septembre, se

retrouvé chez lui auprès desa mère. Quinze jours après, il mourait courageusement, aidé par le P. Gratry qu'il avait appelé. Il disparaissait comme il avail vécu, sans bruit, et il allai I reposer non loin de son fleuve dont il aimai! tant le murmure et dont il contemplait parfois si longuement - les eaux tranquilles et vermeilles ».

Une page datée de Ludion, peu de semaines avant la fin, témoigne qu'il «Mail prêt ;i mourir. Il reçoit une lettre dans laquelle sa mère L'engageait cà se marier. On peut se demander si Alfred Tonnelle donna jamais son cœur, Il garde à ce sujet une réserve extrême : il ne dit rien et ne se livre pas, et Ion ignore s'il échappa ou non à celle loi fréquente < j 1 1 i veut que l'homme laisse un peu de son cœur à plus d'une ronce du chemin. Il parle un jour « du type féminin impénétrable, de ce féminin qui séduit et attire par son charme, et repousse par sa froideur, de ce féminin coquet et adoré qui appelle la tendresse pour la désespérer et alimente le besoin d'aimer pour ne pas le satisfaire, de ce féminin mystérieux et maudit, manquant de cœur et dévoranl celui des autres, où la passion ne peut s'empêcher de s'attacher, et OÙ elle e>t toujours déçue ". Qui sait si ces mots ne cachent pas une de ces désillusions auxquelles il est bien rare que Ton échappe complètement? De même que ces quelques lignes peuvent laisser Bupposer une expérience un peu triste : « Quand

je défends la jalousie, j'appelle jalousie cel instinct délicat «lu cœur qui veut que, quand on •uni'-, on souffre de partager ce qu'on aime,e1 qui témoigne «In prix infini qu'on \ attache. Celte jalousie nail de la tendresse «-i la rend plus touchante. Elle esl Inséparable du véritable amour... Il parle aussi avec éloquence << <!»• ce trouble, de ce désir qui monte parfois dans nos cœurs comme une a puissante, nous portant vers les àiii«-> qui sont loin ».

Quoi qu'il en soit, «ni lisant (•••tic lettre où sa mère lui conseillai l de penser an mariage, il se seul i t ému, et les deux tendances qui s'agitaieni en lui, rime qui le poussait à tout COnnaîtr tout voir, à parcourir le monde, L'autre qui lui faisait chérir les joies el les devoirs de la famille se trouvèrent aux prises, et smis l'empire de s émotion il écrivit cette page, en forme dialoguée, à la manière des colloques divins qu'il avait relus si souvent dans son livre de prédilection, Y Imitation .

« Mon père, j'ai souvent rêvé que le bonheur et la perfection de cette vie seraient d'avoir un rentre où se rattacheraient toutes mes pensées, tous mes sentiments et tous mes désirs, toutes me- espérances et tous mes souvenirs; de concentrer mes ail'eclions sur un être tendrement aimé, de borner tous mes vœux dans un foyer, dans une demeure, dans une famille, de m'attachcr à un seul lieu par des liens sacrés, constant-, chéris, et de ne pas

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laisser s'égarer mes désirs ou mes rêveries hors de ce petil horizon el dece lieu unique de la nature.

« Puis, d'autres fois, croyant planer plus haul el prendre un essor plus rapide, j'ai souhaité d'être seul, libre el sans liens pour parcourir le monde on lous sens, pour m'abreuver à toutes les sources de beauté qu'il présente, <'i élever mon âme sur Ions ces hauts sanctuaires. J'ai tremblé à ridée de ne pas pouvoir m'élever jusqu'aux cimes les plus sublimes, m'enfoncer dans les replis le> plus reculés des montagnes, de ne plus franchir les vastes océans, el visiter les mondes nouveaux <l ii il s séparent de nous, fouler tous les vestiges des âges éteints, el tous les monuments que les générations passées <>nl Laissé derrière elles pour nous instruire de leur passage el nous l'aire réfléchir sur leurs pensées, jouir ou souffrir de leurs émotions : et je ne voudrais pas qu'il y ait un coin d(^ spectacles, un coin (\^<> œuvres de Dieu et des créations de L'homme qui échappai à ma recherche curieuse. El j'ai senti que l<i temps et les forces manqueraient plutôt à mes courses que l<v monde à mou ambition, bien qu'il se soit tant rétréci. Et derechef, j'ai pressenti le vide et La lassitude de cette course errante, de cette variété qui se répète, et dans cette fatigue qui doit saisir L'âme isolée, perdue dans cet espace à la lois trop vaste et trop étroit pour elle, trop divers el trop monotone.

« L'image et la promesse de ces deux bonheurs

il- \ il | CLOSES

se sont partagé mon Ame el i'j Bon( combattu Et je me suis plaint de cetle vie qui es! trop courte pour être complète, el qui noua iiii|»"-<' d parce qu'elle exige un choix, j'ai pensé qu'il faudrait deux vies pour satisfaire ce double besoin <lonl mon cœur ne peul se résoudra tcrifier

aucun.

Mon lils. toutes ces inquiétudes^ tous desirssontvains.il Faul prendre el accepter la vie comme cil»1 vient, sans ambition, sans trouble, sans regret, presque sans choix, car tous les choix sont égaux. Il ne faut pas se consumer à la désirer autre qu'elle n'est, car elle esl toujours toul ce qu'elle peut être et La réalisation de nos plus charmants désirs la laisserait imparfaite el incomplète : tout ce que nous pouvons voir, toul ce que nous pouvons fa ire tout ce que nous pouvons être et sentir en ce monde présent, mon lils. n'a aucune importance ni aucun prix que pour nous mener à désirer et à aimer, que pour nous mettre en état de gagner et de posséder si nous en sommes dignes, le monde à venir, le monde des choses parfaites et durables, des états stables et achevés. Nous vivrions cent vies ici-bas qu'aucune ne comblerait nos besoins et ne satisferait le double enté de nos vœux. »

Comme on le voit, Tonnelle, qui mourut si jeune, était cependant bien armé pour la lutte : il avait la foi robuste, il était assez fort pour résister à ce mal de la vie, à ses exigences impérieuses et

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cruelles. Et cependanl il partit : les poètes noua l'ont souvent dit, que le ciel devenait envieux de ses (:his. Il \ avail en lui une organisation très beureuse pour 1rs arts, il étail doué <lu sens <1<' la musique, d'une manière générale du sens esthétique avec Les jouissances qui en découlent: il avail la fortune, un intérieur, des Loisirs; la <listinction naturelle ei l'élévation de son esprit charmaient ses amis : il semblait marqué pour

le bonheur, el toutefois il s'en alla. .Mais, il faut le

redire, La mort ne parvint pas à le surprendre; au jour où il se sentit louché par elle, il reconnut bien vite la compagne sérieuse el implacable qu'il n'avait jamais redoutée cl à Laquelle il avail de Lui-même si souvent pensé, et quelquefois si tranquillement souri.

Tonnelle était à la fois un philosophe, un artiste, un lettré délicat el châtié, 1res épris de la forme ••! la voulanl autant que possible Irréprochable; car elle était le signe de ridée. Ses études sur la philologie allemande l'avaient porté à entreprendre un important ouvrage sur le langage : une lenteur trop scrupuleuse dans le travail l'empêcha d'achever son projet. Il n'était jamais satisfait de lui-même ni de son œuvre : au-<i ne reste-il que des extraits de son livre. Il étudie l'origine du langage, son enseignement, les signes <'t leur valeur. Il insiste sur le sens réel ou idéal d<'> mots, qui, suivant les eas, désignent l'utile on le beau. Quel beau champ ! dirait un paysan >it il songe îi la moisson : dans son calcul il soupè>e déjà le grain ri voit l'épi plier sous sa charge... Quel beau champ ! redirait le poète, un peu perdu dans l'extase de son rêve, contemplant la vaste étendue de terre qui s'offre à son regard, pensant a toute la

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poésie champêtre des moissons, charmé de voir le venl onduler sur les épis en faisanl plier leurs têtes blondes.

L'élévation des théories défendues par Tonnelle se retrouve dans ses fragments sur la notion de l'infini el sur le panthéisme allemand. Il combal 1rs erreurs de la philosophie allemande, qui selon lui conduit à l'égoïsme et à l'orgueil en enseignant « que l'âme u'a plus d'aspirations au-dessus d'elle cl se repose en elle comme centre ». I);ms sou œuvre philosophique, on s'arrête, surpris, devant la maturité de sou hou sens, devani l'intensité de sa réflexion, le «'aime, la rectitude de sou jugement, vraiment rare chez un homme aussi jeune. D'une manière générale, on peut résumer sou œuvre parce mot, la passion du beau, mais son amour est un amour sérieux, qui donne peut-être moins de joie que de souffrances. « Où chacun trouve des jouissance ou du moins les adoucissements et les consolations de la vie. je sens connue

une nouvelle source et délicieuse i\^ tourments. Le splendeur d'une soirée, le calme d'un paysage, un souille tiède de printemps qui me passe sur le visage, la divine pureté d'un Iront, de madone, une tête grecque, un vers, un chant, que tout cela m'emplit de souffrance. » Il était pris d^ vraies tristesses en songeant que toutes le> merveilles, tous les trésors admirés par lui, s'eu iraient un jour en poussière, dispersés au vent de l'oubli et de la

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