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\ < < 1 1 1 moins encore, ei de lui demander le I du
charme él range émané de lui.
Tout a côté de ce Périgord qu'aimait I i ; i ie, proche « de ce solitaire el sauvage pays de M <|u il a chanté el décrit . nous connaissons une contrée où se cache dans un pli de terrain, comme en un nid de verdure, un gouffre, soui immense qui sourd de terre tout h c mp el donl rien n'explique la présence inattendue. Cette eau venue des entrailles du sol offre simultanément, en deux: nappes rapprochées, le spectacle d'une double surface : l'une es! unie e1 apaisée; elle semble à jamais endormie el nulle ride ne l'altère; on l'appelle le Dormant. L'autre bouillons cesse clans une agitation constante, elle gémit, elle se contracte eo un murmure que rien n'arrête; on la nomme le Bouillant. Ces deux surfaces sont jusqu'à ce jour, demeurées insondables. Nul ne les a pénétrées. Et souvenl on s'est demandé si, à des profondeurs que l'on ignore, l'eau bouillonnante ne retrouvait pas son calme et sa limpidité, et si l'eau dormante, au contraire, ue se convulsail elle-même dans des secousses inconnues. El l'on discute encore et l'on discutera toujour-.
Ainsi en est-il de certaines vies. Calmes en apparence, elles ont caché des secousses e1 des tempêtes pour l'âme : tumultueuses au jugement superficiel des hommes, elles ont été vécues »'ii réalité par des âmes fortes don! la sérénité intime
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n'a jamais été atteinte. Mais qui nous le dira? Chaque vie emporte avec elle son secret, et seul le Semeur qui, d'un geste Inlassable el puissant, a jeté dans le monde, connue iiuianl de semences diverses el variées, toute la multitude dt^ âmes, connaît el apprécie ce secrel de chacun et, dans 58 mémoire éternelle, il en juge la valeur pour récompenser el pour punir.
Si Ton ne peul avec certitude démêler L'énigme entière de celte destinée de La Boëtie, peut-être en (I i''C( )ii\ rira-t-on certains côtés. Sans don le, il écrivit quelques lignes éloquentes el le sourde ardent <jui
les anime nous soulevé encore; mais qui parlerait encore de ces lignes et qui les lirait aujourd'hui si. à côté de lui, n'eût veillé un témoin autorisé. Les siècles ont cru sur parole ce témoin quand il s'est attendri et enthousiasmé — car, généralement railleur, il n'a su que sourire, douter et se moquer — ils l'ont cru, Lorsque, dans un (dan d'amitié presque sublime, donnant à celui qu'il avait aimé « tout son génie el tout son cœur », il écrivit un jour une page immortelle pour célébrer l'ami qu'il pleurait. Cette couronneque Montaigne, ému comme il ne le lui jamais plus, déposa sur le front de son ami morl était faite de lleurs si belles que non seulement tdles ne se sont jamais flétries, mais que, •par un de ces miracles dont seul le cœur esl capable, elles ont conservé la vie et la jeunesse au Iront pâli qu'elles voulaienl honorer.
LES S i-
Voilà pourquoi peut être l tie demeure
enQore, el Ilfaul remercier Montaigne de nous avoir rr\ élé cette âme digne entre toutes d'être approchée el comprise, car elle fait \ raimeni bonneui l'humanité. L1 image charmante de M. I tail
donc l)i<in juste : La Boëtie .1 été porté par M taigne vers L'immortalité, comme Dante ^'attachant à la robe Ûottante de Virgile.
Toul ce qui nous occupe e1 nous divise occupait <il divisai! La société du \\i siècle : les questions sociale-, politiques, philosophiques el religieuses passionnent ou tourmentent les esprits maintenanl comme autrefois, et, entre Le ivi siècle, où vécut La Boëtie, el notre temps si troublé, mais si vivant, les ressemblances ne sont-elles pas nombreuses?
Sous le réuni' des Valois, La France traverse «Ifjours où il semble que tout soil remis en question, où dos avenirs quel'on ignore, mais que Ton devine, que Ton souhaite meilleurs el plus équitables que le présent, se préparent au milieu des chocs Les pins divers, où l'enfantemeni de La société qui sera la société de demain se déroule dans les secousses Les plus douloureuses. On le comprend, beaucoup de ruines s'accumulent : beaucoup des idées dont vivait le passé sont discutées e1 menacées de disparaître. Et l'effroi de tout cel inconnu pèse sur les consciences el sur les volontés; il brise l'énergie de ton- ceux qui
Là boëtie i\
iTunl été ni assez forts, ni assez clairvoyants, ni assez généreux surtout pour faire les sacrifices nécessaires et accepter, même au prix de souffrances, l'ère nouvelle qui se prépare. Que de points communs entre notre époque el cette France des Valois ou la lui te <lcs opinions ei des intérêts était si âpre, où des ferments nouveaux avaient été apportés dans le monde, respectueux encore des tradition-;, mais prompt à s'agiter, pré-
disposé à l'ivresse des grandes joies el des grandes souffrances!
La tourmente définitive où le passé allait sombrer ne s'éleva pas dès la lin «lu wi siècle, mais elle axait été pressentie; par un étrange contraste eu un temps où lu monarch ie absolue était encore pour la masse du pays une sorte de dogme religieux, où, d'autre part, les luttes intestines dé
faction lurent plus violentes que jamais, et provoquaient des scènes odieuses comme la Saint- Barthélémy; en ces temps, un parti nouveau se formait, très restreint, il est vrai, mais très éclairé : au plus fort même des excès donl gémissail le paj s, une poignée d'hommes a râmeiiobleei généreuse allait lancer dans le monde deux idées inconnues jusque-là : l'idée de liberté el l'idée ^\^ tolérance. Ces semences ne devaienl certes pas germer ^\^ suite, ni donner leurs fruits; longtemps encore elles iraient dormir au fonddes consciences, où, cependant, le travail d'éclosion s'accomplissail peu à