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peu . li I Insu même <ln peuple, uni portail en lui une si belle espérance, comme i - linea lanc par I»' laboureur au forl de la tempête sonl transportées par 1*' venl dans des terres que Ton ic cl \ dorment insoupçonnées jusqu'au jour où s'épanouira une moisson < j « i • • personne n'attendait.

Ce parti des politiques, comme on l'a nommé depuis, s'appliquail à rester également éloigné du puritanisme fanatique de certains huguenots ou de l'ardeur sectaire de certains catholiques : il cherchait à garder en toute chose cette mesure et cette raison dont tousles fanatismes s'offensent Il se personnifia dans ce grand homme d'Etat, dans ce grand philosophe, dans ce chancelier de L'Hôpital dont la haute vertu impose le respect de tous : il compta comme représentants des écrivains tels que Montaigne, Etienne Pasquier,et quelquesuns des membres les plus éminents de certainparlements. Il signala sans passion, mais avec rermeté, souvent avec esprit (on l'a vu dan- In Satire Ménippée) les abus du pouvoir: épris de sagesse et de modération, composé d'homme- instruits • I courageux que n'effraient ni les insuccès, ni les impopularités apparentes, il fit peu à peu triompher la cause juste et prépara ainsi les voies à la royauté populaire et nationale, que. pendant un temps, Henri IV devait incarner. Ce fut. pour nous servir dune expression actuelle, le parti

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libéral au xvi siècle. Par conviction, par tournure d'esprit, par aspirations, La Boëtie était tout acquis a cette élite d'esprits à La fois généreux et réfléchis. S'il eût vécu |>lus longtemps, il leur eûl donné sous une formeactive son concours le plus décidé. « Il appartenait au parti de ces hommes toujours rares dans les révolutions qui veulenl ériger en maximes d'Etal les pensées que la science el la méditation suggèrent au sage : sa plume ne pouvait servir que lacause de la justice cl de l;i liberté '. »

Mais, il le savait, la Liberté u'csf pas pour la société un état permanent ei immuable : seuls les enthousiastes rêvenl <lc ces stabilités parfaites qui seraient l'âge d'or du monde. La Liberté es! un effort quotidien : on ne l'obtient, <>n ne L'achète que dans une lutte incessante, et, à ses veux, le prix de cette lutte esi infini, aussi vautil que L'on y consacre sa vie. La Liberté attaquée doit être défendue : si le malheur des temps l'a t'ait perdre, il faut la conquérir à nouveau, il faut se donner à elle, car. bien comprise, c'esl elle (jui permet le mieux à chaque homme d'accomplir sa destinée ici-bas. Si la liberté, pour lui. était L'effort permanent, elle était aussi ce que plus lard un grand tribun de L'Angleterre devait la définir d'un mot : elle était L'ordre.

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