i: Ordre, le -Ji juillet
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une préparation aux devoirs qui peuvent m incomber. -
Le gouvernemenl anglais hésita a accepter les services du Prince; l'incurie des instructions données a 'allait-elle pas provoquer une <!«' tastrophes devanl Lesquelles tout s'incline el tout se tait?
Il résulte de l'enquête ordonnée après sa mort que sa conduite au Zoulouland lui admirable; il était le premier au danger, < 1 < '• ] * I « ► % . i f » l en tout une conscience et une intrépidité merveilleuses; il visitait les 1>I<'>vp->. ne reculail devanl aucune tâche, si rude soit-elle, e1 montrait toujours un grand zèle à s'instruire et à se perfectionner. Il dirigea des reconnaissances avec talent, <•! l'un des forts de ce pays lointain <i-| baptisé «In nom de Forl-Xapolcon. Trompés par cette ardeur, ses chefs ne se rappelèrent plus de ce mot que le duc de Cambridge leur avait écrit : • Ma seule crainte est qu'il nesoittrop courageux; » et. le 1°' 'juin 1879, ils l'envoyèrent en reconnaisance, accompagné de celieutenant Carey, dont la conduite inexplicable demeurera toujours comme un opprobre à sa mémoire. Il est à remarquer que Hudson-Lowe el l*1 lieutenant Carey, préposés par le gouvernement britannique à la garde d'un Napoléon, ont été l'un et l'autre désavoués par leur pays lui-même.
On sait les détails de la rencontre tragique et presque unique pendant la campagne contre les
LOUIS WAPOLÉON
sauvages du Zoulouland, la halte dans le kraal abandonné, au bord du ruisseau [tiotosy, l'arrivée subite i\i>* Zoulous, le dépari précipité du détachement, la selle rompue, l'abandon du Prince par le lieutenant Carey ei ses hommes, la lutte héroïque ei désespérée, la mori enfin î
M. Paul Deleage, le seul Français qui ^<i soi! trouvé là-bas lors des événements ei qui signa même l'acte de décès du Prince, raconte ainsi la découverte du cada> re ' :
« Le Prince était étendu sur le dos, les bras raidis par lu mort, un peu croisés au-dessus de la poitrine, et la tête légèrement inclinée sur le côté droit. La physionomie n'indiquait pas trace de contractions ni de souffrances; la bouche étaii légèrement ouverte, l'œil gauche — l'œil droii avait été relevé par un coup d'assagaye — l'œil gauche, grand ouvert, regardait fixement le ciel et conservait encore cette expression bienveillante et douce que j'avais remarquée chez le Prince, à ma première entrevue.
- La poitrine était percée de plusieurs coups d'assagaye, dix-sept ou dix-huit... Le dos ne portait nulle trace de blessure, ^i ce n'est quelques déchirures produites par les pointes des assagayes, eu traversant la poitrine de pari en part.
« Je ne pus me défendre, à ce moment, d'un
i. Trois mois chez les Zoulous, par Paul Dblbagr.
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élan d'orgueil national, et, me penchant sur la poitrine du Prince, j*' posai mes l«*\ rea sur mains glacées. C'était I » i « • 1 1 La un Français, qui, seul H abandonné de tous, avait bu mourir en Français, le visage tourné vers ses ennemis. L'histoire saura <lir<' que, sur cette terre Lointaine, !<• dernier des Napoléon sut encore faire honorer, par s;i mort même, le drapeau de La France.
Il mourut donc <in héros, simplement, regardant la mort et L'ennemi bien en Face. An dire du m'- rai Wood, qui dirigeait la colonne envoyée à sa recherche, « l<is dix-sept blessures ont toutes été reçues par devant, le bras gauche conservait encore l'attitude de la parade après la mort . I. rapport du capitaine W.-C.-ï. Molyneux au général Chelmford porte ces mots : «Le corps avait dix-sept blessures, toutes par devant, el Les marques sur la terre et sur Les éperons que nous avons trouvées indiquaient une résistance désespérée.
Il lutta jusqu'au bout, jusqu'au moment où la dix-septième blessure, plus meurtrière que les autres, lui rendit toute résistance impossible. Et alors, s'il s'écoula une seconde de réflexion entre la dernière blessure et la mort, quelles furent les pensées de Louis-Xapoléon, prince impérial de France? Quel poète faudrait-il pour évoquer ce grand drame et en faire ressortir la portée morale? Virgile eut une larme immortelle pour pleurer
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Marcellus. Un jour viendra, sans doute, où quelque poète, reprenanl la légende, versera, lui aussi, une de ces larmes que l'histoire recueillera pieusement. Quels tableaux se déroulèrent a ses yeux pendant cette seconde séculaire? L'amertume et la mélancolie de cette courte destinée ne défient-elles pas tout récit, et comme on est ému des contrastes ironiques qui l'entourent!
Quelles acclamations à la naissance! Toute une ville en fête, se cotisant pour offrir un berceau de féerie, celle nef en bois de rose si admirée alors, et devant laquelle on défilait avec enthousiasme. Le baptême avec le Légat du Saint-Père, les carillons joyeux, (oui un peuple en liesse! Quel isolement dans la mort! Une lutte contre des sauvages qui le mutilent, le dépouillent de ses vêtements cl ne laissent sur lui que ses médailles, prises par eux, des superstitieux, pour des amulettes.
Le gouvernement anglais prescrivit des honneurs royaux, et cel ordre du jour du major Buller lui lu aux troupes qui escortaient le corps à Durban :
« ... En suivant le cercueil qui contient le corps du dernier prince impérial de France et en donnant à ces cendres le dernier tribut «le trislesse el d'honneur, les troupes de la garnison se souviendront :
« Qifil était le dernier héritier d'un nom puissant et d'une grande renommée militaire ;
« Qu'il «'lait l'unique enfant d'une impératrice
i i I VISA CLO!
veuve, <|iii reste maintenant sans ti I sans
enfant, en exil, Bur les côtes de I Angleterre..
Il fui décida qu'an retour, le vaisseau qui rentrai en Angleterre, Ferai! escale une ho un Sainte-Hélène, afin une des immortelles, cueillies sur le tombeau de Napoléon I . pussent être déposées sur le cercueil du prince. Fût-ce ironii
délicatesse? En France, La nouvelle de cette mort provoqua la stupeur de beaucoup el l'émotion <lu plus grand nombre. Pari- se ressouvinl de celui (|u"il avail longtemps appelé, avec une tendn familière el protectrice, ■ le |"ilit Prince . el dont il avail acclamé les gentillesses d'enfant.
Le comte de Chambord envoya, de Frohsdorff, ses condoléances à l'impératrice, à la mère ti gique, dont cette douleur suprême comblai 1 l'infortune. Tous les souverains d'Europe adressèrent des télégrammes sympathiques; c'est que cette mort n'atteignait pas seulement un parti : par si circonstance- mêmes, elle était de nature à provoquer ce qu'un écrivain appelai! une émotion d'humanité. » Les adversaires eux-mêmes éprouvaient comme une compassion secrète et, comprenant la douleur ressentie, la respectaient. A l'exception des feuilles démagogiques, la press de tous les partis fut courtoise, et. dernièrement encore, un journal rappelait le ton de dignité qu'avaient su et voulu garder la plupart des organes républicains.
LOUIS M kPOLÉON
Les funérailles furent pompeusos a Saint-Augustin comme à Chislehurst. La reine d'Angleterre, toute sa famille, toute sa maison, toute sa cour, assistèrent aux parades de la lin. Mais Dieu nr pend pas ceux qu'il a pris, il les -aide avec une prédilection jaloux1, el ceux qui s'étaient attachés à la fortune et aux qualités du jeune Princecomprirent bientôt l'étendue de leur perte; ils comprirent, au retour du pèlerinage funèbre, qu'ils axaient ilil « un dernier adieu à une dernière espérance ».
Le Prince impérial repose aujourd'hui à Farnborough '■ sur une colline, ombragée d'un bois de pins touffus et silencieux, une baute chapelle élève son clocher. Une grande crypte, toute de marbre blanc, occupe les dessous du chœur. C'est le tombeau. Deux sarcophages de granil rose sont placedans les bas-côtés. A droite, le père, le rêveur couronné, et démocrate pourtant, que fui Napoléon 111. A gauche, dorl le fils. Cette simple inscription a été posée sur le tombeau qu'enveloppe et que semble embrasser le drapeau tricolore :