A. Hepp
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leur parti de L'être moral que l'on est. Ils ont imprudemment permis à lu vie de Leur faire croire qu'elle les avail trompés, el cependant on doit La dominer sans cesse : il osl dangereux de laisser les rêves el Les désillusions obscurcir «I»' leurs nuages les projets généreux de la jeunesse ; on peut, on doit, en une certaine mesure, croire aux douceurs et aux joies passagères de l'existence, puisqu'il en
est parfois el à intervalles t'urt ils el il ne faut se Laisser envahir ni par les regrets ni par l'obsession des souhaits inachevés, des désirs incompris et impossibles.
Ceux-là, quand les années se posent sur eux, à l'à^e où Le fardeau n'en est pas pesanl el où ils se sentenl encore dans la période ascendante <|ni les l'ail se rapprocher du sommet, ceux-là s'attristent bien et s'effraient en constatant < | u «' leur horizon ne s'élargil pas, el que rien de pins vaste el de pins uouveau ue s'offre à leurs yeux. Mais ils s'absorbent dans celle constatation douloureuse.
Ils songent simplement avec regret <|iie sans doute il doil \ avoir «les vies recluses condamnées à se dérouler dans le silence monotone, dans l'éloignement de toul cequi est Lumière, dans L'attente inquiète d'un jour d 'éclat qui ae luira jamais.
Toutefois, ceux-là devraienl s'interroger euxmêmes, et se demander avec remords >i celte manière d'envisager la vie ne repose pas avant tout sur un fonds mélangé de paresse et d'orgueil.
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Le monde <lii parfois avec sa brutalité cruelle :
il n'y b pas «!«' méconnus le rares i Kcept ii
le monde n'a pas lort. Certes quelques natures -•■ni parfois repliées par La poussée des événements cl personne vraiment ne soupçonne l'ampleur inattendue que saurait prendre ;i l'occasion leur personnalité soulevée H mise ;i l'épreuve sous le souille subil <l<"~ circonstances. La voile resserrée par les cordages qui La compriment laisse-t-elle deviner ses dimensions <•( -;i puissance? Soupçonne-t-on que gonflée parles vents elle deviendra si ample <•! si forte qu'elle soulèvera la barque tout entière?
Il n'en reste pas moins vrai que les méconnus sont rares et qu'il ne faut pas lés confondre avec les découragés : encore, parmi ceux-ci, certaines distinctions sont-elles nécessaires, car il es1 plusieurs sortes de découragements. Celui qui est une lutte encore et dans lequel on met l'acharnement de sa désespérance, celui-là permet parfois de remonter les pires courants. Celui, au contraire, qui n'est qu'une paresse et l'abandon complet <!»' soi-même, celui-là est dangereux entre ton-, car on ignore le fond des abîmes où il peut entraîner. C'est l'âme qui se désagrège et perd toute cohésion ; c'est la vie disséminée et ballottée au moindre choc des événements.
Ces découragés-là méritent-ils bien qu'on les plaigne ?
Quelques fttres prédestinés en apparence et «loués de qualités évidentes on1 cependant reculé devanl la tâche à remplir; ils étaient trop faibles pour l'existence el la force qu'ils avaient cherchée dans des amitiés ou des appuis autour d'eux leur a fail défaut ; ils « > 1 1 1 été trahis ou abandonnés. Ils sont restés seuls et la solitude les a submergés; dans l'effroi de l'isole m eut m oral où ilssesonl trouvés, ils n'ont plus su comment aimer, agir ou vouloir;ils ont perdu le sens de ta vie, ils pourraient répéter cette triste confidence qui exprimait si bien L'angoisse et la surprise douloureuse de ceux qui ont senti autour d'eux L'amertume de certaines défections '.
« Je suis resté seul et incnlcmhi comme Roland
à Ronce vaux. 0 fragiles amitiés de la terre! Nous avons tous un Roncevaux dans notre vie. tôt OU tard. Nous appelons les absents. Nous sonnons de notre cor d'ivoire, et en vain! Ce cor qu'ils connaissaient si bien et qui avait pour eux de si poignants appels, cette voix amie qu'ils proclamaient irrésistible et qui les eût ramenés du bout du monde, ils l'entendent qui demande, qui crie, qui meurt d'appeler cl ils ne viennent pas. Comme Roland nous ne sonnons plus bientôt à ces vides échos qui nous raillent, QOUS nous préparons à mourir seuls; comme Roland, la