‹ Les Vies Des Hommes Illustres Grecs Et RomainsChapitre 12 sur 43 · PREFACE XI · texte numérisé non relu

PREFACE XI

c^est un signe infallible de lasche, basse et vile nature, que ne sentir point les estincelles du désir d' honneur , et que ceux qui estiment chose impertinente, superflue ou malséante, que d*estre loué, ne font aussi rien qui mérite

s que Ion les loue, ains sont coustumierement personnes de cueur failly, desquelles les pensées ne sestendent point plus avant que les vies, et dont la souvenance se pert aussi quand et la veuë. Or si le conseil des vieilles gens est grandement estimé, pource quayansvescu longuement,

lo il est force qu'il:^^ ayent beaucoup veu, et si ceux qui ont longuement voyagé, en pais estranges, qui se sont trouvcT^ en beaucoup d'affaires, et ont grande expérience des choses de ce monde, sont reputCT^ sages et dignes à qui Ion mette en main les resnes des grands gouvernemens :

is combien fait à estimer la lecture des histoires, qui en un seul jour nous peut fournir plus d'exemples que ne sçauroit faire le cours entier de la plus longue vie d'un homme ? Tellement que ceux qui sont exercite:^ à la lire ainsi quil appartient, encore qu'il:( soyent jeunes,

20 deviennent, quand à Vintelligence des affaires du monde, telT^ que s'Ht^ estoyent vieux et chenus, et nayans jamais bougé de leurs maisons, sont aussi advertis, infornuT^ et instruits de tout ce qui est par le monde, que ceux qui avec travaux innumerables et dangers infinis ont abbregé

2 s leurs jours à courir toute la terre habitable: comme au contraire ceux qui sont ignorans des choses faites ou advenues avant quil[ fussent ne7^, quoy quilT^ soyent suraagCT^, demeurent tousjours enfans, et dedans le propre pais de leur naissance sont en pareille condition que les

30 estrangers. Brief il se peut véritablement dire que la lecture des histoires est une escholede prudenu, que l'homme

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