‹ Les Vies Des Hommes Illustres Grecs Et RomainsChapitre 18 sur 43 · PREFACE XIX · texte numérisé non relu

PREFACE XIX

« vive Quintus Curtius, qui ma si bien sceu aider à recou- « vrer ma santé » . Mais si la lecture et cognoissance des histoires est aggreabky utile et profitable à toute autre manière de gens, je dy quelle est de tout poinct nécessaire

5 aux grands princes et aux roys^ non seulement pource qu'ayans de plus pesantes et plus difficiles charges, la raison voudroit aussi quil^^ eussent plus grande provision des qtuiliteT^ qui seroyent requises pour bien s'en acquiîer, ny aussi pource qu estant le propre subject de ï histoire

lo traitter de toutes hautes matières, comme sont guerres, batailles, conquestes de villes et de pats, traitte:^ de paix ou d'alliance, il semble quelle leur soit plus particulièrement quà nulTi autres affectée : mais pource quà prendre les choses comme elles sont, estans ne^i et nourris tendrement

15 en délices, pour le grand soing et la crainte que Ion a de leurs personnes, ainsi quil appartient à leur grandeur, Ht^ ne travaillent pas en jeunesse tant comme il est besoing à qui veut apprendre les nobles langues anciennes et les disciplines laborieuses que comprent la philosophie ;

20 puis quand il:(^ ont attaint Vaage d'homme, leur devoir les appelle aux actions des grands affaires, de manière qu'il ne leur reste autre exercice d'entendement plus propre que la lecture des histoires en leur langue, laquelle sans peine leur peut enseigner, avec douceur et facilité grande, tout

2$ ce que les pénibles œuvres des philosophes, touchant le gouvernement de la chose publique, leur sçauroyent monstrer pour sçavoir bien régir et gouverner les peuples et païs que Dieu a soubmis à leur obéissance. Mais le pis est quil:(^ sont tous jour s, ou le plus du temps, environne:^^ de personnes

30 qui ne cherchent quà leur complaire par toutes voyes, et s en treuve bien peu qui leur osent dire franchement la

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