PREFACE XXI
à eulx:etcofnmeen noblesse de sang et en grandeur d' estât, Ut;^ ne veulent céder à personne, encore moins le veulent il:^ en gloire defaicts vertueux. Dequoy Ion pourroit alléguer innumerables exemples, si la chose nestoit de soy tant
s notoire que la doute en seroit trop plus desraisonnable que la preuve nécessaire.*^ Ainsi peut on véritablement conclurre que l'histoire est la maistresse des princes, de laquelle il:( peuvent apprendre sans peine, en passant leur temps, et avec singulier plaisir, la meilleure partie
lo de ce qui est requis à leur office. Or est il que selon la diversité de la matière quelle traitte, ou de l'ordre et manière d'escrire dont elle use, on luy donne noms différents ; mais il y en a entre autres deux principales espèces : Vune qui expose au long lesfaicts et adventures deshommes,
15 et s'appelle du nom commun d'histoire; l'autre qui déclare leur nature, leurs dicts et leurs mœurs, qui proprement se nomme Vie. Et combien que leurs subjects soyentfort conjoincts, si est ce que l'une regarde plus les choses, l'autre les personnes; l'une est plus publique, Vautre plus domestique;
20 Vune concerne plus ce qui est au dehors de l'homme, l'autre ce qui procède du dedans; lune les evenemens, et l'autre les conseils : entre lesquel:i^ il y a bien souvent grande différence, fuyvant ce que Siramnes Persien respondit à ceulx qui s'esbahissoyent dont venoit que ses devis estoyeni
25 si sages, et ses effects si peu heureux : « Cest pourautant, « dit il, quz les devis sont en ma pleine disposition, et les « effects en celle de fortune et du roy ». Mais entre tous ceulx qui se meslerent oncqfies de rédiger par escript les vies des illustres hommes, la palme d'excellence, au jugement
30 des plus clair voyans, est meritoirement adjugée à Plutarque, philosophe Grec, natif de la ville de Chœronee, en la